Diary of Marie Bashkirtseff

This evening the citizens Alexandrine Norscott and Pauline Orell attended the weekly proceedings of the Society for Women's Rights.1

Ce soir les citoyennes Alexandrine Norscott et Pauline Orell ont assisté aux travaux hebdomadaires de la Société le Droit des femmes.

It takes place in Hubertine's small drawing room. A lamp on the desk to the left; to the right, the fireplace surmounted by a bust of the Republic; and in the middle, with its back to the window, which itself faces the door, a table laden with files, adorned with a candle, a bell, and a President who looks very dirty and very stupid. To the President's left, Hubertine, who every time she speaks lowers her eyes and rubs her hands constantly. To the right, a dry old socialist woman, furious, who cries out that if there is striking to be done, she will strike first. Some twenty old female types, a sort of concierge who has escaped her porter's lodge, and a few men — the dregs of what one imagines: fellows with long hair and impossible hairstyles whom people refuse to listen to in cafes. I have a very black wig and very black eyebrows. The men babbled on about socialism, collectivism, and the betrayals of the most advanced deputies. The red woman in the corner declared war on religion; at this, de Daillens-Norscott protested and delivered several bits of speeches that stood out favorably. Besides, Hubertine is very wise and understands that it is a matter neither of proletarians nor of millionaires, but of woman in general who demands her rights. That is the ground on which everyone should be kept.

Cela se passe dans le petit salon d'Hubertine. Une lampe sur le bureau à gauche, à droite la cheminée surmontée d'un buste de la République, et au milieu, tournant le dos à la fenêtre, qui fait elle-même face à la porte, une table chargée de dossiers, ornée d'une bougie, d'une sonnette et d'un Président qui a l'air très sale et très bête. A la gauche du Président, Hubertine qui chaque fois qu'elle parle baisse les yeux et se frotte tout le temps les mains. A droite une vieille sèche socialiste et furieuse qui s'écrie qu'il y a à frapper, elle frappera la première. Une vingtaine de vieilles typesses, des espèces de concierges en rupture de loges et quelques hommes, le rebut de ce que l'on s'imagine de ses garçons à longs cheveux et à coiffures impossibles et qu'on ne veut pas écouter dans les cafés. J'ai une perruque très noire et des sourcils très noirs. Les hommes ont clabaudé sur le socialisme, le collectivisime et les trahisons des députés les plus avancés. La rouge du coin a déclaré la guerre à la religon, la-dessus de Daillens-Norscott a protésté et a prononcé plusieurs morceaux de discours qui ont détonné en bien. Du reste Hubertine est très sage et comprend qu'il ne s'agit ni de prolétaires ni de millionnaires, mais de la femme en général qui revendique ses droits. C'est sur ce terrain qu'il faudrait maintenir tout le monde.

Instead of that, they spoke of political shades.

Au lieu de cela on disait les nuances politiques.

We are registered, we have voted, paid, etc. There you have it.

Nous sommes inscrites, nous avons voté, payé etc. Voilà.

Notes

Marie and Madame de Daillens attended the feminist society under pseudonyms — Marie as "Pauline Orell" and de Daillens as "Alexandrine Norscott" — to protect their identities.