Diary of Marie Bashkirtseff

Dimanche 15 février 1880

My old harpist sends two tickets for the Conservatoire, and I go there with Maman, leaving at home the Poitrineaus, Wodzinski, and Kiki who was leaving!

Mon vieux harpiste envoie deux billets pour le Conservatoire et j'y vais avec maman, laissant à la maison les Poitrineau, Wodzinski et Kiki qui partait !

Hecht is there, in a box with Mme Adam and two other ladies. They saw us... As for me, I did not hear well what was being played. These wretched miseries are blows of a club... Yet, why does he bear a grudge against me? I believe it is Maman who invented this to explain something I do not know. They tell me, Maman, my aunt, and Dina, that I am blind. "How, my dear, this man came every day and twice a day, and you believe he had nothing in mind? Whom have you seen come like him and be there in ecstasy like him? Are you an imbecile then?! And when he saw that they looked at him as a Jew, when Motta told him so, he became our enemy." It is a supposition and not an explanation. But I have enough bad luck in life for it to be true.

Hecht est là, dans une une loge avec Mme Adam et deux autres dames. Ils nous ont vues... Moi je n'ai pas bien entendu ce qu'on jouait. Ces sales misères sont des coups de massue... Pourtant, pourquoi m'en veut-il ? Je crois que c'est maman qui a inventé cela pour expliquer quelque chose que je ne sais pas. Elles me disent maman, ma tante et Dina que je suis aveugle. Comment ma chère, cet homme vient tous les jours et deux fois par jour, et tu crois qu'il n'avait rien en tête ? Qui as-tu vu venir comme lui et être là en extase comme lui ? Tu es donc imbécile ?! Et quand il a vu qu'on le regardait en Juif, quand Motta le lui a dit, il est devenu notre ennemi. C'est une supposition et non un explication. Mais j'ai assez de guignon dans la vie pour que cela soit vrai.

You remember, we dined at his house; he was to dine at ours the day after next, and at six o'clock in the evening we received his telegram. Since then, two visits, then nothing. But why rack one's brain searching when one can do nothing about it? What does the cause matter when the result is so detestable!

Vous vous rappelez, nous avons dîné chez lui, il devait dîner chez nous le surlendemain et à six heures du soir nous avons reçu sa dépêche. Depuis, deux visites, puis rien. Mais pourquoi se casser la tête à chercher quand on n'y peut rien. Qu'importe la cause quand le résultat est si détestable !

We paid a visit to Mme de Bailleul, who has just settled in; at her place was Mme Grandperret. You know, old Madame Bailleul is a complete friend; she dines at our house three times a week, and la Mouzay calls her a freeloader.

Nous avons fait une visite à Mme de Bailleul qui vient de s'installer, il y avait chez elle Mme Grandperret. Vous savez la mère Bailleul est une amie tout à fait, elle dîne chez nous trois fois par semaine et la Mouzay la traite de pique assiette.

You see, what makes me concern myself sometimes with Arnaud is that I must have everything that is better, everything talked about, everything attended to; everything that rises or makes noise fascinates me, and I must have it.

Voyez-vous ce qui fait que je m'occupe quelquefois d'Arnaud c'est qu'il me faut tout ce qui est mieux, tout ce dont on parle, ce dont on s'occupe, tout ce qui s'élève ou fait tapage me fascine et il me le faut.

It is not that Arnaud is, but after all he is the undisputed lion of the Republic, the first young man of the Government, the dandy of official society, and even the other world takes notice of him and seems to consider him as worth more than "those ruffians."

Ce n'est pas qu'Arnaud soit, mais enfin c'est le lion incontesté de la République, le premier jeune homme du Gouvernement, le dandy du monde officiel et même l'autre monde s'en occupe et a l'air de le considérer comme, valant mieux que "ces voyous".