Sunday, 24 August 1879
Dimanche, 24 août 1879
Berthe rompt la monotonie de la famille... et quelle fatigante famille !
Nous avons causé hier les bougies éteintes jusqu'à quatre heures du matin. Nous allons aux courses, j'ai une robe en mousseline de laine blanche, genre *idéal* drapée comme une antique, grand fichu de mousseline sur les épaules; gants jusqu'au coude, chapeau et bottines noirs. Berthe a une toilette en batiste pompadour, faite à la mode, c'est-à-dire faux Louis XV ou XIV, très porté, un joli chapeau. Son mari lui fait prendre un genre de robe cocotte. C'est dommage. Da Costa, Sandford, Blanc et Lambertye vous vous rappelez bien du comte de Lambertye à Nice ? de mes acrostyches ?
Berthe me le présente. Il y a une foule de monde, des têtes connues.
L'ignoble Larderei est là avec de sales femmes et complètement abruti.
Comme notre chambre est au rez-de-chausée, quand nous ne sommes pas sorties nous sommes toujours à la troisième fenêtre gauche et il y a toujours quelqu'un devant la fenêtre. C'est je crois la seule chose un peu gaie de l'hôtel, avant c'étaient les princes, à présent il y en a d'autres. On s'appelle, on [se parle] et pendant que l'une est à la fenêtre l'autre s'habille ou s'arrange dans le fond et se mêle à la conversation de loin; Dina, Berthe et moi.
Après les courses il y a Casino, feu d'artifice. Mais pour nous donner un peu plus de mouvement nous allons nous trois et Alexis au petit théâtre de la ville voir je ne sais quelle drôlerie et arrivons juste pour le feu d'artifice. Nos cavaliers nous apportent un divan de la salle car il n'y avait plus une seule chaise et nous sommes royalement installées.
Après nous soupons sous la veranda de l'hôtel et rions à nous tordre de tout et de rien.
Je ne m'amuse pas.
Bojidar est amoureux de moi. Vous savez que j'ai de la chance.