Diary of Marie Bashkirtseff

I left yesterday at noon. The weather was superb and I nearly shed real tears leaving this delightful and incomparable place. From my window I saw the garden, the Promenade des Anglais, the Parisian elegance. From the corridor I saw the rue de France with its old Italian hovels and its alleyways with such picturesque light and shadow.

Je suis partie hier à midi. Il faisait un temps superbe et j'ai failli verser de vraies larmes en quittant ce délicieux et incomparable pays. De ma fenêtre je voyais le jardin, la promenade des Anglais, l'élégance parisienne. Du corridor je voyais la rue de France avec ses vieilles masures italiennes et ses ruelles avec des clairs et obscurs si pittoresques.

And all these people who know me — "It is Mademoiselle Marie," they say when I pass. The neighbor across the way brought me my goddaughter Alexandrine; the child is eighteen months old. The date explains the name? That rogue Alexandre left me not two sous' worth of poetry. As much as the people of Nice have made me suffer, I adore its houses and streets. It is my country after all. But I am condemned to leave everywhere. I would now like to leave Paris — my mind is wandering and I feel lost. I expect nothing more; I hope for nothing more. I am a resigned desperate. I think, I think, I search, and finding nothing I heave one of those sighs that leaves me more oppressed than before... Come now — what would you have done in my place?

Et tous ces gens qui me connaissent: c'est Mlle Marie disent-ils quand je passe. La voisine d'en face m'a amené ma filleule Alexandrine, la petite a dix huit mois. La date explique le nom ? Ce gueux d'Alexandre ne m'a pas laissé pour deux sous de poésie. Autant les gens de Nice m'ont fait souffrir autant j'adore ses maisons et ses rues. C'est mon pays après tout. Mais je suis condamnée à m'en aller de partout. Je voudrais à présent quitter Paris, j'ai l'esprit égaré et me sens perdue. Je n'attends plus rien; je n'espère plus rien. Je suis une désespérée résignée. Je pense, je pense, je cherche et ne trouvant rien je pousse un de ces soupirs qui me font plus oppressée qu'avant... Voyons qu'auriez-vous fait à ma place ?

Not the slightest glimmer! And then... it is ugly and disagreeable to say, but the youth during which a young woman dances and amuses herself is past for me. I am twenty. From eighteen to twenty — two years. And what is horrible is that every evening I return to this book and every evening nothing has changed, except that there is one more day. And so to hold back tears I breathe like the actresses who simulate deep emotion — and then it is absurd and heartbreaking.

Pas la moindre lueur ! Et puis... c'est laid et désagréable à dire mais la jeunesse pendant laquelle la jeune fille danse et s'amuse est passée pour moi. J'ai vingt ans. De dix-huit à vingt ans, deux années. Et ce qu'il y a d'horrible c'est que chaque soir je reviens à ce livre et que chaque soir il n'y a rien de changé sauf qu'il y a un jour de plus. Et alors pour refouler les larmes je respire comme les actrices qui simulent une grande émotion et puis c'est absurde et navrant.

Now that I am in this pitiless Paris, it seems to me I did not look enough at the sea — I would like to see it again.

Maintenant que je suis dans cet impitoyable Paris il me semble que je n'ai pas assez regardé la mer, je voudrais la revoir.

You know, that poor Bagatelle who was crushed at Spa and recovered so miraculously — I brought her back with me. It would be merciless to leave her there all alone.

Vous savez, cette pauvre Bagatelle écrasée à Spa et guérie si miraculeusement, je l'ai ramenée avec moi. C'est être sans pitié que de la laisser là toute seule.

You cannot imagine the goodness, the faithfulness, and the attachment of that animal. She never leaves me; she always places herself under my chair and hides with such a humble and imploring expression when my aunt comes to protect the carpets.

Vous ne vous imaginerez jamais la bonté, la fidélité et l'attachement de cette bête. Elle ne me quitte pas et se met toujours sous ma chaise et se cache avec une figure si humble et si suppliante quand ma tante vient pour protéger les tapis.

How I hate those who have made me this life!!

Comme je les déteste ceux qui m'ont fait cette existence là !!