Diary of Marie Bashkirtseff

Friday, 4 October 1878 (Evening)

What a dreadful existence. What an impossible existence! If I were intelligent I should know how to extricate myself. But I am only intelligent on trust — and at that, only my own word for it. Where have I proved or shown my intelligence? In bantering with Cassagnac?! That was the sole occasion I had to reveal my high talents... A poor occasion at that: Cassagnac is not a man to — he had too much the reputation of a ladies' man for it to be taken seriously. I see no one. Come now! Come now, all you like — miracles do not exist; I see absolutely no one, save the rare imbecile to whom I say banalities within his reach, or things that knock him over. That is life for me! And a circle of people who are stupid, tedious, nagging! Were it not for a kind of pride I should say I have had enough and renounce all the struggles!

Quelle affreuse existence. Quelle impossible existence ! Si j'étais intelligente je saurais bien me tirer de là. Mais je ne suis intelligente que sur parole et encore rien que ma parole à moi. Ou ai-je prouvé, montré mon esprit ? En blaguant avec Cassagnac ?!! C'était la seule occasion que j'avais de révéler mes hauts talents... Occasion peu propice, Cassagnac n'est pas homme à ... il avait trop la réputation de, coureur pour que cela soit sérieux. Je ne vois personne . Allons donc ! allons donc, tant que vous voudrez, les miracles n'existent pas, je ne vois absolument personne, sauf rarement quelque imbécile auquel je dis des banalités à sa portée ou des choses qui le renversent. Voilà la vie pour moi ! Et un entourage, sot, ennuyeux, tracassier !! Si ce n'était une sorte d'orgueil je dirais que j'en ai assez et que je renonce à toutes les luttes !

You will form an idea of our household if I tell you that my greatest happiness is to be alone — alone I am never bored, but I revolt because it is a forced solitude.

Enfin vous vous ferez une idée de notre intérieur si je vous dis que mon plus grand bonheur est d'être seule, seule je ne m'ennuie jamais mais je me révolte parce que c'est une solitude forcée.

If we were entirely unknown it would be entirely easy — but the Nice background... Suppose Mme Gavini speaks of us to her friends: all Europe has passed through Nice. Either people will not know us, or they will say we went nowhere. Let ten people repeat it and it will seem extraordinary, then suspicious. In short, what is to be done? Temporise like some Fabius?1

Si nous étions tout à fait inconnus ce serait tout à fait facile, mais les antécédents de Nice... Supposez que Mme Gavini parle de nous à ses amis, toute l'Europe a passé par Nice. Ou bien on ne nous connaîtra pas, ou bien on dira que nous n'allions nulle part. Que dix personnes le répètent et cela paraîtra extraordinaire, puis louche. Enfin que faire ? Temporiser comme un Fabius quelconque ?

They are stupid, impractical, bourgeois, crushing, nagging! What a martyrdom! I swear that at moments one would give the devil everything — pride and all — and wish to die like a dog to escape these family pastimes. These evenings! Impossible to hide: my salon is next to theirs; an absurdity on their part provokes a reply or observation from me, and then a quarrel of words that has neither head nor tail, in which I appear as a sort of monster. For they cry at me: you would do better not to do this or that — they will say you do such a thing, they will say you will do another. At bottom it looks like they are protecting me — and that is precisely what is atrocious. One would have to be an idiot or horribly cunning to act and speak in such a way.

Ils sont stupides, ils ne sont pas pratiques, ils sont bourgeois, ils sont assomants, tracassiers ! Quel martyre ! Je vous jure que par moments on donnerait au diable et l'orgueil et tout au monde et que l'on aimerait mourir comme un chien pour échapper à ces passe-temps de famille. Ces soirées I! Impossible de me cacher, mon salon est à côté du leur; une absurdité chez eux amène une réponse ou une observation chez moi et alors une querelle de mots qui n'a ni queue ni tête, et où j'apparais comme une sorte de monstre. Car on me crie: tu ferais mieux de ne pas faire ça ou ça, on dira que tu fais telle chose, on dira que tu feras telle autre. Au fond on a l'air de me prémunir, et c'est justement ce qui est atroce. Il faut être idiot ou horriblement rusé pour agir et parler de la sorte.

"She will scream all day" — or else:

- Elle va crier toute la journée - ou bien

"Nadine, do not answer — otherwise she will break everything."

- Nadine, ne répondez pas autrement elle cassera tout.

Divine justice! What I would gladly break is my head!

Justice divine ! Ce que je casserais volontiers, c'est ma tête !

Or else they say:

Ou bien on dit:

"What have you done with your young existence? It is you who destroys yourself; it is you who is the cause of everything you reproach us with."

- Qu'as-tu fait de ta jeune existence ? C'est toi qui te perds, c'est toi qui est cause de tout ce que tu nous reproche.

Either this changes, or I die.

Que cela change ou que je meure.

Notes

Quintus Fabius Maximus Verrucosus ("Cunctator" — the Delayer), Roman dictator who defeated Hannibal through strategic avoidance of battle. The strategy was controversial but ultimately successful.