Friday, 2 August 1878
On en parle encore à Soden, on le racontera aux étrangers de la saison prochaine. Le rire général a gagné mes deux princes eux-mêmes, à propos de mes deux princes... rien.
Je m'étais préparée à être bienveillante et à ne pas railler, eh, bien tout à fait malgré moi j'ai été d'une insolence... désespérante... avec une intention bienveillante, je regardais quelquefois à droite mais me reprenant aussitôt je me détournais et lançais encore quelques unes de ces moqueries qui me fatiguent tant et qui amusent notre monde.
[Poème de Multedo "Dona Juana"] Votre âge est sans pitié c'est ce qui vous excuse, Mais c'est un jeu cruel celui qui vous amuse... Fontaine de corail aux jets de diamants ! [...] Ne faites pas, comme eux, cet horrible mélange. Ils étaient les démons, et vous êtes un ange... Mais si rien ne vous touche... Eh bien ! Alors riez !
Lorsque tout le monde s'en fut de chez nous j'eus envie d'écrire que je suis amoureuse du Prince noir... pas sérieusement, mais seulement pour prouver que je suis volage... D'aileurs comme il y a deux allemands qui sont fous de moi il m'est bien permis de devenir amoureuse d'un troisième. Sa sœur mariée au prince Reuss est arrivée. Cela me contrarie, il ne viendra plus dîner.
Voilà ce que me donne chaud au cœur et froid dans le dos, au surplus cela me fait dire que j'ai deux onces de tendresse pour Auguste... le nom commence par un A, c'est déjà un signe... Audiffret, Antonelli, Alexandre, Alfred... Car... Alfred je l'exécre au point que je ne touche pas ses lettres sans m'envelopper les doigts dans un mouchoir.