Diary of Marie Bashkirtseff

You know what these balls are like. An indescribable crush. Our toilettes cause a sensation — but having no acquaintances we are glad to find seats beside a wall, with the result that the people who had invited us, and they were quite numerous, were obliged to perform rather comical manoeuvres. Godard (from Nice) and Durand, the brother of the young ladies — can you picture these two archdukes together? Godard and Durand prowled about for an hour not knowing whether they ought to approach; I guessed as much from the eagerness with which they came to speak to me when, towards three o'clock, I at last made up my mind to go to the buffet.

# Jeudi 6 juin 1878

We were arriving just as the Marshal, his wife, and all the royal princes and archdukes were leaving. Old Moreno, then another Spaniard who asked to present some dancers to us — but we were already on our way out.

Nous arrivions lorsque sortaient le Maréchal, sa femme et tous les princes royaux et archiducs. Le vieux Moreno puis un autre Espagnol qui a demandé de nous présenter des danseurs mais nous nous en allions déjà.

Before the ball I had summoned Multedo, and in my presence he wrote three urgent, beseeching letters for tickets — to M. de Vallon, to M. Haussmann, and to Mme Rouher. I dispatched the letters myself.

Avant le bal j'avais mandé Multedo et en ma présence il a écrit trois lettres pressantes et suppliantes pour des billets à M. de Vallon, à M. Haussmann et à Mme Rouher. J'ai envoyé moi-même les lettres.

That wretch Multedo says I am capiteuse — intoxicating. I was so yesterday; today I am very tired, my face at least.

Ce miserable Multedo dit que je suis *capiteuse.* Je l'étais hier et aujourd'hui [je] suis bien fatiguée, du moins la figure.

Rosalie is sent to Versailles to obtain tickets through the Chamber's servants. Moreover I go to Yorke's, who writes a letter to M. de Tanlay. I carry the letter to the Cercle de la rue Royale and he is so kind that he comes down, and with his exquisite courtesy promises to do everything possible.

Rosalie est envoyée à Versailles pour avoir des billets par les domestiques de la Chambre. En outre je vais chez Yorke qui écrit une lettre à M. de Tanlay. Je porte la lettre au Cercle de la rue Royale et il est si aimable qu'il descend et avec sa politesse exquise promet de faire son possible.

Marcuard at the Bois.

Marcuard au Bois.

Schininà asks where we are living. Then Monseigneur Philippe, with whom we arrange to meet tomorrow at the kermesse.

Schininà qui demande où nous habitons. Puis Monseigneur Philippe avec lequel rendez-vous demain à la kermesse.

Edith Boyd is going to write to Mme Waddington, the wife of the Foreign Minister, for tickets.

Edith Boyd va écrire à Mme Waddington, la femme du ministre des Affaires Etrangères, pour des billets.

If I do not have them it will not be my fault.

Si je n'en ai pas ce ne sera pas de ma faute.

I should like to ask M. Janvier de la Motte, but he would show my letter to Paul de Cassagnac. M. Spuller, who had concluded in favour of validating his election, requested that another rapporteur be appointed in his place, the majority having asked him to change his report. Would this Spuller be an honest man? So it seems. But here are some press cuttings — [missing]

Je voudrais en demander à M. Janvier de la Motte mais il montrerait ma lettre à Paul de Cassagnac. M. Spuller qui avait conclu à la validation de son élection a prié qu'on nommât à sa place un autre rapporteur, la majorité lui ayant demandé de changer son rapport. Ce Spuller serait-il honnête homme ? Il paraît. Mais voici des morceaux de journaux, [disparus]

I insist that you follow all these debates, all this news — [words blotted: in pursuit of which I am] as tormented as I am anxious. Tormented and anxious on account of the tickets. I must have them. What if I were to ask M. Gambetta?

Je tiens à ce que suiviez tous ces débats, toutes ces nouvelles [Mots noircis : à l'affût desquelles je suis] aussi tourmentée qu'inquiète. Tourmentée et inquiète à cause des billets. Il faut que j'en aie. Si j'en demandais à M. Gambetta ?

How odd — I live with my charcoals and my brushes, and only leave them to live among kings, presidents, and ministers.

Comme c'est drôle, je vis avec mes fusains et mes pinceaux et je ne m'en sépare que pour vivre avec les rois, les présidents et les ministres.

To hear me one would think I never left the company of such people. The rest of mortals interest me only as a carpet I would lay beneath my feet — or else when I think that they think I am worth less than they, and that I cannot enter society, etc. Then I rage.

A m'entendre on dirait que je [ne] sors pas de chez tous ces gens-là. Le reste des mortels ne m'intéresse que comme un tapis que je me placerais sous les pieds, ou bien quand je pense qu'ils pensent que je vaux moins qu'eux et que je ne puis pas aller dans le monde, etc. Alors je rage.

I am racking my brains as to who else I might ask for tickets.

Je cherche à qui je pourrais bien demander des billets encore.

Do you know which woman appeals to me as my mother does in Florence?

Savez-vous quelle est la femme qui m'est sympathique comme ma mère à Florence ? ?

You are quite wrong. It is Mme Rouher. I have never seen her. Multedo wrote to her yesterday; I read her name on the envelope and immediately imagined her warm and respectable interior, the deference all the faithful accord her; a comfortable salon, [words blotted: one day] soft and discreet, an old lady I cannot picture at all... And here I am full of respect and veneration... See my misfortune! I should so much like to go to this woman's house! She lives at 4, rue de l'Élysée. The street suits her — that is to say, she must resemble the street and the beautiful gardens of the Élysée, those great green and venerable trees, the long hospitable branches.

Vous vous trompez de tout en tout. C'est Mme Rouher. Je ne l'ai jamais vue. Multedo lui a écrit hier, j'ai lu son nom sur l'enveloppe et je me suis de suite imaginée son intérieur sympathique et respectable, la déférence que tous les fidèles lui accordent; un salon confortable, [Mots noircis : un jour] doux et discret, une vieille dame que je ne me figure aucunement.. Et me voilà pleine de respect et de vénération... Voyez mon malheur ! Je voudrais tant aller chez cette femme ! Elle habite rue de l'Elysée 4. La rue lui ressemble, c'est-à-dire elle doit ressembler à la rue et aux beaux jardins de l'Elysée, à ces grands arbres verts et respectables, aux longues branches hospitalières.

She does not know I exist, and yet it seems to me that she loves me.

Elle ne sait pas que j'existe et il me semble qu'elle m'aime.

Ah! If I could have the tickets through her...

Ah ! si j'avais les billets par elle...

Julian must be laughing up his sleeve — he will never believe that this week off and the verification of mandates are a mere coincidence.

Julian doit rire dans sa barbe, il ne croira jamais que cette semaine de vacances et la vérification des pouvoirs ne soient qu'une simple coïncidence.

Ah! If only I can have those tickets.

Ah ! pourvu d'avoir ces billets.

As for Cassagnac, all his hair will turn grey before I ask him for anything. [Words blotted: If I do not have these] tickets, I shall take to my bed for six weeks. If Multedo does not get them for me, I shall never speak to him again as long as I live.

Quant à Cassagnac, tous ses cheveux deviendront gris avant que je lui demande quelque chose. [Mots noircis : Si je n'ai pas pas ces] billets, je me coucherai pour six semaines. Si Multedo ne m'en a pas, je ne lui parle plus jamais de ma vie.

But do understand, you wretches — I want to go there!

Mais comprenez donc misérables que j'ai envie d'y aller !

I wanted the other ball in order to be seen; but here — here I am going in order to see and hear such amusing things that one would dress anyhow and place oneself anywhere, so long as one were there.

Je voulais l'autre bal pour me faire voir mais ici, ici je vais pour voir et entendre des choses si amusantes qu'on s'habillerait n'importe comment et se mettrait n'importe où pourvu d'être là.

It is the day after tomorrow. I have been so agitated ever since I began hunting for tickets that I can neither eat, nor read, nor dress. All Paris wants to go, and there are none too many places.

C'est après-demain. Je suis si agitée depuis que je suis en quête de billets que je ne puis ni manger ni lire, ni m'habiller. Tout Paris veut y aller et il n'y a pas trop de places.

Cassagnac had told me they would never dare invalidate him nor even draw up a report concluding in favour of invalidation. Only two days ago the newspapers were saying that, despite the best will in the world, having found nothing wrong with Cassagnac's election, the bureau had concluded in favour of validation.

Cassagnac me disait qu'on n'oserait jamais l'invalider ni même faire un rapport concluant à l'invalidation. Il y a deux jours encore on disait dans les journaux que n'ayant malgré la meilleure volonté du monde, rien trouvé dans l'élection Cassagnac, le bureau avait conclu à la validation.

In two days everything has changed. A rather extraordinary thing, which proves that Cassagnac is not as harmful to his party as people like to say. The Left needs him to ruin the Bonapartists, they say; if they need him as much as all that, why the devil do they work so relentlessly and persistently to remove him from the Chamber?

En deux jours c'est tout changé. Chose assez extraordinaire et qui prouve que Cassagnac n'est pas aussi nuisible à son parti qu'on veut bien le dire. Les gauches en ont besoin pour perdre les bonapartistes, dit-on; si elles en ont besoin tant que cela pourquoi diable tendent-elles à l'éloigner de la Chambre avec tant d'acharnement et tant de persistance ?