Diary of Marie Bashkirtseff

Georges is threatened with prison, of which the Ambassador will be informed. As this is very, very tiresome, we have begged the Baron to go to the prefect of police, and the prefect has granted a twenty-four-hour delay to give this dear gentleman time to make himself scarce. We shall therefore pay these wretched debts and dispatch him somewhere. As I do not like to appear falsely generous, I shall tell you that I am doing it for myself. It is impossible for me to remain in the same city as this dear uncle. His Silenus has finally abandoned him, and he is so desperate, so wretched, so mad — it is painful to see. I am quite undone to see him in such a state.

Mardi 10 juillet 1877\\nGeorges est menacé de prison, de quoi on avertira l'ambassadeur. Comme c'est très, très ennuyeux, nous avons prié le baron d'aller chez le préfet de police, et le préfet a accordé un délai de vingt-quatre heures pour donner le temps à ce cher monsieur de filer. Nous allons donc payer ces misérables dettes et l'expédier quelque part. Comme je n'aime pas à être faussement généreuse, je vous dirai que je le fais pour moi. Il m'est impossible de demeurer dans la même ville avec ce cher oncle. Sa Silène l'a définitivement abandonné et il est si désespéré, si malheureux, si fou, que cela fait mal à voir. Je suis toute dérangée de le voir ainsi.

I dreamed of Alexandre. My aunt and Maman say he will end like Georges. Never! Never — because if he had the misfortune to fall into such a state I should pull him out of it; I should pay for him a comfortable and pleasant life and watch over him… And immediately I ask myself whether I would do the same for others… My God, yes — for all those who had not done me too great a wrong. Thus there is at present only one man I would let rot, and that is Antonelli. As for my father — I should come to his aid out of contempt and duty. Poor Audiffret I would help with pleasure… indeed I would help all those who came to me, as much as I could. Antonelli too — if I do not know precisely how I should behave toward him, it is because I fear he might think that my harshness comes from anger, and my help from love. I despise him profoundly, and it would truly pain me if he thought I knew he existed.

J'ai rêvé d'Alexandre. Ma tante et maman disent qu'il finira comme Georges. Jamais ! Jamais, parce que s'il avait le malheur de tomber dans un tel état je l'en tirerais; je lui payerais une vie douce et commode et le surveillerais... Et aussitôt je me demande si je le ferais pour d'autres... Mon Dieu oui, pour tous ceux qui ne m'auraient pas fait trop de mal. Ainsi il n'y a en ce moment qu'un seul homme que je laisserais pourrir, c'est Antonelli. Quant à mon père je le secourerais par mépris et par devoir. Ce pauvre Audiffret je l'aiderais avec plaisir... d'ailleurs j'aiderais tous ceux qui s'adresseraient à moi autant que je pourrais. Et Antonelli aussi, si je ne sais au juste comment je me comporterais envers lui c'est que je crains qu'il ne pense que ma dureté vient de ma colère et mon secours de mon amour. Je le méprise profondément et il me serait pénible en vérité s'il pensait que je sais qu'il existe.

Yes — I would do the same for all others, but only if they asked me, or if someone pleaded on their behalf; whereas I should come to Alexandre's aid of my own accord. But I might perhaps tell my family of it… it would be a kind of innocent pose. Perhaps I should content myself with telling my journal — that is the more likely.

Oui, je ferais pour tous la même chose seulement s'ils m'en priaient ou si l'on priait pour eux, tandis que je viendrais en aide à Alexandre de mon propre mouvement; mais je le raconterais peut-être aux miens... ce serait une espèce de pose innocente. Peut-être me contenterais-je de le raconter à mon journal, c'est le plus probable.