Diary of Marie Bashkirtseff

My emperor, how one breathes freely here — and the ink is so good that one always wants to write.1

# Mercredi 2 mai 1877

Dina is a little indisposed and keeping her room, so I have the best seat, which lets me enjoy the drive more fully. I could always have had this seat, but delicacy and courtesy oblige me to yield it.

Dina un peu indisposée garde la chambre, par conséquent j'ai la belle place, ce qui me permet de mieux jouir de la promenade. J'aurais pu avoir toujours cette place, mais la délicatesse et la courtoisie m'ordonnent de la céder.

The Cascine2 is a paradise — I adore greenery. My mania for wishes has not passed; so as I drove along I made them at every opportunity. The sound of a carriage coming up behind ours struck me particularly; I wanted to look: If you turn round, such-and-such will not happen! I was compelled not to turn round. But presently the carriage overtook us and we were able to see a victoria drawn by two bay horses, with simple and elegant green liveries. The arms bore a count's coronet, and the lady in the victoria seemed to me slender and very elegant, though no longer young. A violet dress of silk and embossed velvet, and bunches of violets on her hat.

Les Cascine sont un paradis, j'adore la verdure. La manie des vœux n'est pas passée, aussi tout en me promenant j'en faisais à toute occasion; le bruit d'une voiture qui venait derrière la nôtre m'a frappée particulièrement, j'ai voulu regarder: Si tu te retournes telle chose n'arrivera pas ! Force me fut de ne pas me retourner, d'ailleurs la voiture nous dépassa bientôt et nous pûmes voir une victoria attelée de deux chevaux marron, des livrées vertes simples et élégantes. Les armes étaient surmontées d'une couronne de comte, et la dame qui était dans la victoria me parut mince et très élégante bien que d'un certain âge. Une robe violette, soie et velours frappé, et des bouquets de violettes sur le chapeau.

I barely looked at her, but she examined me and smiled.

Je l'ai à peine regardée mais elle m'examina et sourit.

"Who is that lady?" Maman was asking the coachman at the very moment I was thinking: that must be Larderei's mother — she resembles him.

— Qui est cette dame ? demandait maman au cocher au moment où je pensais : ça doit être la mère de Larderei, elle lui ressemble.

"Madame de Larderei," replied the coachman.

— Madame de Larderei, répondit le cocher.

Why did she look at me so attentively, and why did she smile? Does she know me? Someone must have given her my description. And if she knows — what does she know: the first part, or the second?

Pourquoi m'a-t-elle regardée particulièrement et pourquoi a-t-elle souri ? Est-ce q'elle me connaît ? On lui aura donné mon signalement. Et si elle *sait,* que sait-elle, la première partie ou la seconde ?

Seeing her alight and turn into the pedestrians' walk on the left, just as the riders' path is on the right, I had our carriage stop much further on and got down with Maman so as to meet her face to face. She is French, you know? She smiled at me again, very kindly; perhaps that is simply her way.

La voyant descendre de voiture et s'engager dans l'allée des piétons qui est à gauche comme celle des cavaliers est à droite, je fais arrêter beaucoup plus loin et descends aussi avec maman pour la rencontrer en face. Elle est française, vous savez ? Elle m'a de nouveau souri, et d'un air très bienveillant; c'est peut-être sa manière à elle.

After a quarter of an hour she passed us again, this time going in the same direction, with her daughter the Comtesse de Mirafiore — a charming little thing to look at, elegant and graceful.

Au bout d'un quart d'heure elle nous dépassa cette fois allant dans le même sens que nous avec sa fille la comtesse de Mirafiore, charmante petite fille à la voir, élégante et gracieuse.

Larderei has an aristocratic family, a lovely palazzo, his mother keeps open house, his sister is the king's daughter-in-law, his brother married a Salviati — all things considered, I forgive myself my weakness for him. A caprice that cannot wound one's vanity is something clean, and may without shame call itself love and flourish as long as it pleases.

Larderei a une famille aristocratique, un joli palazzo, sa mère tient maison ouverte, sa sœur est la bru du roi, son frère a épousé une Salviati, tout bien considéré je me pardonne ma faiblesse pour lui. Ce caprice ne peut être froissé dans sa vanité, donc il est propre et peut sans honte s'appeler amour et fleurir tant qu'il lui plaira.

So I no longer need to blush and suffer over all those little things that wounded my delicate feelings. Hm — I am quite pleased with my family, not bad at all, not bad. I say so to Maman and Dina and laugh about my family. You see, things that would distress another person only amuse me.

Enfin, je n'ai donc plus à rougir et à souffrir de toutes ces petites choses qui froissent mes sentiments délicats. Hum, je suis assez contente de ma famille, pas mal, pas mal. Je le dis à maman et à Dina et ris de *ma famille.* Vous voyez, ces choses-là qui chagrineraient une autre, m'amusent seulement.

Marcuard writes that there is a gathering at the Skating rink this evening, and reminds us that tomorrow we lunch with him. You know, it is seriously very fashionable in Florence to lunch at Marcuard's.

Marcuard écrit qu'il y a réunion au Skating ce soir et nous rappelle que demain nous déjeunons chez lui. Vous savez, sérieusement c'est très à la mode à Florence de déjeuner chez Marcuard.

I go to the Skating rink with Maman. Florence's Skating rink is a ravishing round hall, quite large, very high-domed, elegant, lit by electricity. Few people, but of an elegant sort. Marcuard skates over to us and at once I catch sight of my family — Blanche in a lovers' conversation with her husband. You would never take them for husband and wife to see them this evening — Giselle and Balzorano rather. My family is charming. My sister has none of the air of a countess or a married woman; she is a little girl with whom I should like to be silly, as with Giro-Olga. She looks so good-natured, so gentle. Decidedly my family is the jewel of Florence. You understand — be that as it may — it flatters me.

Je vais au Skating avec maman. Le Skating de Florence est une ravissante salle ronde, assez grande, très haute en dôme, élégante, éclairée à l'électricité. Peu de monde mais on est élégant. Marcuard glisse vers nous et aussitôt j'aperçois ma famille, Blanche en causerie amoureuse avec son mari. On ne dirait jamais un mari et une femme à les voir ce soir. Giselle et Balzorano plutôt. Ma famille est charmante. Ma sœur n'a pas l'air d'une comtesse, d'une dame mariée; c'est une petite fille avec laquelle je voudrais faire des bêtises comme avec Giro-Olga. Elle a l'air si bonne, si douce. Décidément ma famille est le bouquet de Florence. Vous comprenez, *quoiqu'il en soit* cela me flatte.

Marcuard is agreeable, and I feel agreeable and graceful in turn. What a beautiful city Florence is, my emperor.

Marcuard est aimable, je me sens aimable et gracieuse aussi. Quelle belle ville que Florence, mon empereur.

I should rather like the Marquis Niccolini to pay me just a little court — very little. If he would only get himself introduced, that would be enough for me. As for Larderei, he is very well where he is; he satisfies me at a distance, and perhaps he is even better from afar.

Je voudrais bien que le marquis Niccolini me fît un petit peu de cour, très peu. Qu'il se fasse présenter seulement et cela me suffit. Quant à Larderei il est très bien où il est, il me suffit absent, peut être même vaut-il mieux de loin.

Notes

Marie addresses her journal as "mon empereur" (my emperor) — an affectionate, whimsical mode of address she uses for her imaginary reader.
The Cascine is Florence's principal public park, stretching along the Arno, famous for fashionable afternoon drives.