Diary of Marie Bashkirtseff

We had visitors all day — the Fabbricatores, Hamontoffs, Nasimoff.

Toute la journée nous avons eu du monde, les Fabbricatore, Hamontoff, Nasimoff.

And Maman plunged me into despair for God knows how long. She conceived the idea of speaking to Nasimoff about a dancing party she would like to give — naturally Nasimoff said there was not sufficient acquaintance and the "aristocrats" would not come to dance with the Fabbricatores, etc.

Et maman m'a mise au désespoir pour Dieu sait combien de temps. Elle a imaginé de parler à Nasimoff d'une soirée dansante qu'elle voudrait donner, naturellement Nasimoff a dit qu'il n'y avait pas assez de connaissance et que les "aristocrates" n'iraient pas pour danser avec les Fabbricatore etc.

There is only Maman who can have such ideas.

Il n'y a que maman pour avoir de pareilles idées.

Nasimoff takes us for the Hamontoffs — I therefore hastened to reassure him; I know he repeats everything naively and will repeat what I have said.

Nasimoff nous prend pour des Hamontoff aussi je me suis empressée de le rassurer, je sais qu'il raconte tout naïvement et qu'il répétera ce que j'ai dit.

Ah, yes — that poor boy, my Larderei of the heart — how they slander him at the Comtesse Souhtclan's (a Russian aristocratic center and nest of gossip). I am being talked about — a rich heiress, you see. So, after reporting that I had bought a bed for sixty thousand francs at the Hôtel Drouot,1 they are saying that the Comte de Larderei has followed me everywhere for a year, and that he is not in Naples because the girl's mother — who has always looked askance at him — has said definitively: no. Despite the young woman's love for him. Ah! Good God, as he says — Good God.

Ah ! oui ce pauvre garçon, ce Larderei de mon cœur, comme on le calomnie chez la comtesse Souhtclan (centre aristocratique russe et nid à cancans) on s'occupe de moi, riche héritière voyez-vous; donc après avoir raconté que j'avais acheté à l'hôtel Drouot un lit de soixante mille francs, on a dit que le comte de Larderei me suit depuis un an partout et qu'il n'est pas à Naples parce que la mère de la jeune fille qui l'a toujours regardé de travers a définitivement dit : non. Malgré l'amour de la demoiselle pour lui. Ah ! Bon Dieu, comme il dit, Bon Dieu.

[Written across: Talking with Rosalie I was saying almost seriously that I ought not to go out in Monsieur the Count's absence. And to myself I was boasting of a kind of fidelity — as if, in a word, I were his most humble servant.]

[En travers: En causant avec Rosalie je disais presque sérieusement que je ne devais pas sortir en l'absence de Monsieur le comte. Et en moi-même je me vantais d'une sorte de fidélité comme si en un mot j'étais sa très humble servante.]

At least it is a flattering invention. Rosalie is also convinced that Madame will not have him — and above all Mademoiselle's aunt — because one day when I had talked too much about Monsieur the Count, I thought it well to tell her what my aunt had written, namely: "Larderei is a wretch, I will not hear of him." In other households this would indeed mean something, but I care so perfectly little for what my family says, and my family is so accustomed to following my fancy, both seriously and in jest, that it is all a game to me. It is on the basis of this severity of Madame's that Rosalie told the coachman that one would never consent.

Au moins c'est une invention flatteuse. Rosalie aussi est persuadée que Madame ne le veut pas, et surtout la tante de Mademoiselle, et ça parce qu'un jour que j'avais trop causé de Monsieur le comte, j'ai trouvé bon de lui dire ce que ma tante écrivait, c'est-à-dire : "Larderei est une saleté, je ne veux pas en entendre parler". Chez d'autres ça aurait en effet une signification, mais je me moque si parfaitement de ce que disent les miens, et les miens sont si habitués de suivre ma fantaisie au sérieux et pour rire que tout cela est un jeu pour moi. C'est en se basant sur cette sévérité de Madame, que Rosalie a dit au cocher que jamais on n'y consentirait.

Ah! I am furious. Ah! I am vexed. Ah! how unhappy I am! I have had enough of this life — hotel life, street life. I would sell my soul to the devil to taste that life of salons and fêtes! My soul — no!! But...

Ah ! je rage, Ah ! je suis agacée, Ah ! que je suis malheureuse ! J'ai assez de cette vie, vie d'hôtel, de rue, je vendrais mon âme au diable pour goûter de cette vie de salons, de fêtes ! Mon âme, non !! Mais...

Ah! I am lost —

Ah ! je me perds,

Ah! I am mouldering! Ah! I am rusting! Ah! I am in despair! Ah! how this single chambermaid, these hotel servants, this hired landau gall me!! Ah! how I want to die! Ah! my God, let me die! Ah! I detest myself. Ah! I am lost. Ah! I weep for myself like a diamond thrown into a cesspool! What would serve me honorably in a certain position only makes me conspicuous, vulgar!

Ah ! je moisis, Ah ! je me rouille ! Ah ! je me désespère ! Ah ! que cette femme de chambre unique, ces domestiques de l'hôtel, ce landau loué, me froissent !! Ah ! que je voudrais mourir ! Ah ! mon Dieu faites-moi mourir ! Ah ! je me déteste, Ah ! je suis perdue. Ah ! je me pleure comme un diamant jeté dans une fosse d'aisance ! Ce qui me servirait à honneur dans une certaine position, ne fait que me rendre voyante, vulgaire !

Ah! may this cough become a mortal illness! My talents wasted, my beauty wilted, my character spoiled, my soul debased, withered, ashamed, humiliated!

Ah ! puisse cette toux se convertir en maladie mortelle ! Mes talents perdus, ma beauté fripée, mon caractère gâté, mon âme avilie, flétrie, honteuse, humiliée !

Ah! God, I want to die. Let me choke, let me strangle — I am bursting!!

Ah ! Dieu je veux mourir. Que j'étouffe, que j'étrangle, je crève !!

It is torture, it is an outrage! Ah! My God, save me.

C'est une torture, c'est une infamie ! Ah ! Mon Dieu Sauvez moi.

All that is too petty. Larderei with his Hussy — it is paltry. I would like to see him with a Hussy who has two chambermaids, a lady's companion, footmen, horses; I would like to see him lose hundreds of thousands, buy horses, give, throw away, commit extravagances, make himself famous in the great circles... Oh! then! Oh!... then...

Tout ça est trop petit. Larderei avec sa Coquine, c'est mesquin. Je voudrais lui voir une Coquine avec deux femmes de chambre, une dame de compagnie, des valets, des chevaux, je voudrais lui voir perdre des centaines de mille, acheter des chevaux, donner, jeter, faire des extravagances, se rendre célèbre dans les grands cercles... Oh ! alors ! Oh !... alors...

And it is the same in everything.

Et c'est dans tout comme ça.

There are so many upstarts who shine in society... truly one must be struck by the gettatura2 to be as we are!

Il y a tant de parvenus qui brillent dans le monde... vraiment il faut être frappé de la gettatura pour être comme nous !

The essential thing is a brilliant entourage and tact — with those one goes far and high. The first impression, and consequently the strongest, is that of the eyes, though nine out of ten do not perceive this.

Le principal c'est un entourage brillant et du tact avec cela on va loin et haut. La première impression et par conséquent la plus forte, est celle des yeux, bien que neuf sur dix ne s'en aperçoivent pas.

One must not let one see the thread by which it is sewn — the canvas of the cloud — the machinery of the illusion, in short.

Il ne faut pas qu'on voie le fil avec lequel c'est cousu, la toile du nuage, la mécanique de l'illusion enfin.

A brilliant appearance that betrays itself is a thousand times worse than poverty, and since this is nearly always what happens, one is accustomed to despise it. But nothing impresses so much as genuine magnificence.

Une brillante apparence qui se trahit est pire mille fois que la misère et comme il en arrive presque toujours ainsi, on est habitué à la dédaigner. Mais rien n'impressionne autant qu'une magnificence réelle.

Ah, well — I believe I am wearing myself out proving that at noon it is daylight. The thing is, you see, there are so many vulgar and very adroit half-Diogenes... but let the devil take them. I address myself only to people of wit and comme il faut.

Ah ! ça, je crois que je m'extermine à prouver qu'à midi il fait jour. C'est que voyez-vous il y a tant de demi Diogène vulgaires et très adroits... mais que le diable les emporte. Je ne m'adresse qu'aux gens d'esprit et comme il faut.

[Two lines cancelled]

[Deux lignes cancellées]

Notes

The Hôtel Drouot was the famous Paris auction house; sixty thousand francs would have been an enormous sum.
Gettatura: Neapolitan word for the evil eye; a curse.