Saturday, 11 November 1876
You need only turn back a few pages — to Monday, 6 November last — to see the dream I had. I dreamed that I was brought before Cardinal Antonelli in a rather small room with shadowy corners. To the right, seated in an armchair, sat the Cardinal dressed all in red; I approached and was so disturbed that I had to avert my eyes... and to the left I saw another Cardinal Antonelli exactly like the first, but dressed in black, and his very face seemed darker than the other's.# Samedi 11 novembre 1876
Je ne savais vers lequel aller et me réveillai dans un trouble considérable. Et aujourd'hui Pacha me met sous les yeux le "Goloss" avec cette dépêche: "Rome, 6 novembre. Aujourd' hui le cardinal Antonelli est mort"...
Certes, la superstition est une chose stupide, mais il faut avouer que parfois il arrive des choses bizarres .
Ce matin à huit heures j'ai quitté Gavronzi et non sans un tout léger sentiment de regret... non, mais d'habitude...
Tous les domestiques sortirent dans la cour, je donnai à chacun de l'argent et à la femme de ménage un bracelet en or. La neige fond mais il en reste bien assez pour nous éclabousser durant le chemin, et malgré mon vif désir de rester la face découverte pour faire mes observations philosophiques comme M. Prud'homme, je me vis forcée par un vent inexorable à m'emmi-touffler entièrement.
J'entrai droit chez Alexandre dont Je vis le nom sur la planche. Et il se mit à me raconter l'anecdote suivante :
Un monsieur voyage, entre un officier et se place dans le même wagon, on engage tant bien que mal une conversation sur la nouvelle loi sur les chevaux.
— C'est vous, monsieur, qui êtes envoyé dans notre district ? demande le monsieur au militaire.
Je l'ai rencontrée dans un wagon près de Pétersbourg et elle nous a positivement frappé, moi et mes camarades I!
— Cela m'est d'autant plus agréable à entendre, dit le monsieur en se levant, que je suis son oncle.
Etc. etc. etc.
Le comte ne cessait de répéter que ma place est à Pétersbourg et qu'il est odieux de me garder à Poltava.
Ah ! Monsieur mon père !
— Mais mon oncle, dis-je, à Alexandre, vous avez sans doute inventé tout cela.
Mon père rage, ce à quoi je ne fais pas la moindre attention.
A sept heures j'allai avec Alexandre à la rencontre de sa femme et je passai la soirée avec eux.
Comme Alexandre continuait à dire que Pacha avait passé une nuit à garder la Toison d'Or, et s'en rapportait au témoignage de Chocolat, je confrontai Chocolat et Pacha, le petit diable prétend avoir entendu comment le Polonais invitait Pacha, mais il ne l'a pas vu allant.
Comme j'avais bien parlé de l'homme vert aux Babanine, je tenais à le réhabiliter devant eux et faisant passer Nadine derrière le paravent et Alexandre dans la chambre suivante je fis de nouveaux reproches à Pacha qui me répéta tout rouge et tout confus le même serment en ajoutant qu'il était très humilié de cette incrédulité.
Satisfaite d'avoir brillé devant les miens, je renvoyai le monsieur et passai le reste du temps à écouter des choses de Somorokoff d'autant plus qu'Alexandre assurait que l'officier est fou de moi.
— Il est si jeune, ajoute Alexandre, qu'il ne peut encore rien cacher.