Friday, 10 November 1876
There is a piece of my father's trickery to recount: he offered to pay for my journey, but in so incomprehensible a form that I could not even understand what he meant, and as I refused — not knowing what I was refusing — he cried out that since I didn't want it: "Tant pis."1# Vendredi 10 novembre 1876
C'est un adroit coquin, non pas adroit puisque je dis coquin. Je jouai de nouveau, et que faire ! J'ai bien passé une heure à traduire Gogol, mais cette photographie vivante de Rome m'excite trop pour que je puisse m'y appliquer. Le Rome de Mme de Staël paraît affectée et presque faible.
J'ai lu jusqu'à ce moment.... je suis dégoûtée de mon journal, envieuse, découragée...
Rome je ne peux rien dire de plus.
Je suis restée cinq minutes avec ma plume en l'air et je ne sais que dire tant mon cœur est plein. Mais le temps approche et je vais revoir Antonelli. Mon Dieu faites que je ne sois pas obligée de le tuer (et pardonnez cette fanfaronnade).
[Marie est passée de la page 153 à 160, mais rien ne semble manquer]
Revoir Antonelli me fait peur. Et pourtant je crois que je ne l'aime pas, j'en suis même sûre.
Mais ce souvenir, mais mon *chagrin,* mais l'inquiétude sur l'avenir... la crainte d'un affront... 0 que ce mal revient souvent sous ma plume et qu'il est odieux.
Vous pensez que je veux mourir ! Fous que vous êtes ! J'adore la vie telle qu'elle est ! Et les chagrins, les déchirements, les larmes que Dieu m'envoie, je les bénis et je suis heureuse !
Au fait... je me suis tellement faite à l'idée d'être malheureuse qu'en rentrant dans moi-même, enfermée seule chez moi, loin du monde et des hommes, je me dis que je ne suis peut-être pas trop à plaindre..
Pourquoi pleurer alors ?