Diary of Marie Bashkirtseff

Friday, 29 August 1876 (17 August) — Private Conversation

Miloradovitch and I very much wished to talk alone, but Paul, Eristoff or Papa would intervene as if on purpose. At last I settled into the corner which forms a sort of separate little box giving onto the stage and permitting one to see the actors preparing. Michel naturally followed me, but I sent him to fetch me some water and Gritz sat down beside me.

Miloradovitch et moi désirons beaucoup causer à nous deux, mais Paul, Eristoff ou papa empêchaient comme exprès. Enfin je me mis dans le coin qui est comme une petite loge à part donnant sur la scène et permettant de voir les préparations des acteurs. Michel me suivit naturellement mais je l'envoyai me chercher de l'eau et Gritz s'assit auprès de moi.

— I awaited you with impatience, he said, examining me curiously — [words blacked out: Paul gave me] several false alarms, and I thought you would not come at all, as last year.

— Je vous attendais avec impatience, dit-il en m'examinant curieusement, [Mots noircis: Paul m'a] donné plusieurs fausses alarmes, et j'ai cru que vous ne viendriez plus, comme l'année passée.

— Yes, so people believed — and yet here I am.

— Oui, on a cru cela, et pourtant vous voyez.

— You have not changed at all.

— Vous n'est pas du tout changée.

— Oh! That grieves me — I was ugly.

— Oh ! ça me chagrine, j'étais laide.

— Hm...

— Hum...

— No, no — but you are always the same.

— Non, non, mais vous êtes toujours la même.

— I can see perfectly what this glass of water is about! whined the prince, handing me one. I can see it perfectly!

— Je vois bien quel est ce verre d'eau ! miaula le prince en m'en tendant un. Je le vois bien !

— Not like the one you are bringing me, which you will spill on my dress if you lean so far.

— Pas comme celui que vous apportez et que vous renverserez sur ma robe si vous vous penchez tant.

— You are unkind — you are my cousin and you are always talking to him.

— Vous n'êtes pas bonne, vous êtes ma cousine et vous *lui* parlez toujours.

— He is my childhood friend and you are a charming dandy of a day.

— Il est mon ami d'enfance et vous vous êtes un charmant gommeux d'un jour.

— Ah! It is true... dandy — yes, dandy.

— Ah ! c'est vrai., gommeux, oui, gommeux.

I turned back to Gritz, leaving the other to place himself behind me; and paying him no further attention, we occupied ourselves only with one another. Then the memories began. It turned out that we both remembered the smallest things.

Je me retournai vers Gritz laissant l'autre se placer derrière moi, et sans plus nous en occuper, nous ne nous ne occupâmes que de nous. Et alors commencèrent les souvenirs. Il se trouva que nous nous souvenions des moindres choses.

— I was courting you, then.

— Je vous faisais la cour, donc.

— Yes, that is true.

— Oui, c'est vrai.

— We were both children, but how one remembers all of it — when we were children... together, is it not so?

— Nous étions enfants tous les deux, mais comme on se souvient de tout cela quand on a été enfants... ensemble, n'est-ce pas ?

— Yes.

— Oui.

Gritz is an old man in spirit — it is so strange to hear this rosy-cheeked young man speak of serious, domestic, practical matters. He asked me whether I had a good lady's maid, and then:

Gritz est un vieillard comme esprit, il est si étrange d'entendre ce garçon frais de rose parler de choses sérieuses, domestiques, utiles. Il me demanda si j'avais une bonne femme de chambre, puis :

— It is good that you have studied so much — for when you have children.

— C'est bien que vous avez tant étudié, pour quand vous aurez des enfants.