Monday, 31 August 1874
Today I bathed; the current was very strong but nothing happened. Lunch at the Plage; half an hour's rest at home; then with Maman to the pier. The tide is high, the waves nearly reached us, and the wind was overwhelming. I went there to see the pretty Englishman, but did not see him. At home they laugh at me because I seek Plobsters and look everywhere for handsome men. I do not hide it. There -- I must confess -- the name of Plobster has been ruined since Moelenar was given it. Maman now says the Plobster from the Hotel de France is not him. On the pier we are with Foster I and a Belgian, Fanbrantigen, an Englishman. Having heard I am going to London with my aunt, he offers to accompany us, to spare us all the disagreeable aspects of travel, hotels, etc., etc. Foster asks that we telegraph him, and he would reserve rooms and prepare everything. In short, we should travel between two guardian angels. Fanbrantigen leaves the day after tomorrow and Foster this evening. I should very much like to profit by their kindness, but unfortunately we do not leave until Thursday because of Koutski's concert, which has been postponed to Wednesday. But simply by telegraphing them, it would do. They come with us on the seawall; we meet Florence, the two Englishwomen, and Baron Leiss. We join up. Maman sits down and I go with Florence. We speak of my trip to England. "Yesterday I saw you with Plobster." "Yes, he wishes to be introduced to you; but he is not quite a Plobster." "Ah! I know -- he is half cad, half Plobster, is he not?" I go home at five, write until six, then go to dinner. Basilevitch dines with her husband, sends him away, and comes to ours so we can go together to the Kursaal. Basilewsky is also with us, and all four of us make our way to the Kursaal and sit down as we did the other evening. At the beginning it was cold, on account of Paul, gambling, etc. But all was settled, and from nine to a quarter past ten we laughed again like blessed souls. Basilewsky has a great deal of wit; one feels every word he says. Basilevitch tells nonsense; he mocks her. She kept asking him for a fan the whole time -- it was very comical. We were five ladies and Basilewsky the sole escort. The marriage prospects prowled around and mesmerized him, but in vain. He goes with us to the Cercle des Bains. I went reluctantly. Two places appear to the left, and whom do I see behind me! Doria Pamphilii with the very pale Englishman. I am very pink the whole day. Ah! but I forget: this morning I was caught off guard. I was doing my hair; someone knocks, enters -- I see an elderly gentleman; I guess what this is. I rush towards the door; it is locked. So I hide under the sofa. It is Winnier, the King's physician; they wanted to have me examined by force or by trickery. I emerge at last; he examines me and declares it is anaemia, having found nothing else. He is an imbecile. I know my illness better than he. I have been greatly exhausting myself for four months. I need a month to recover, and that is all. Only I rage because they dare suppose me ill! I treat them like dogs, and in cold blood; willingly I would give them blows with a cane. But let us return to Doria. I was saying I was very pink the whole day, and especially in the evening. Because of this I am gay and lively as of old. My aunt assures me Doria is handsome and charming. We stay until the end. As I was leaving, Maman said Doria was looking at me a great deal, and Paul that he was pointing out my feet to the two who were with him. Dina said I was radiant. I was not so on account of Pamphilii; I laughed on seeing him, remembering all of Walitsky's nonsense, but that is all. I could not look at him -- I should have had to turn, and that would have been wrong. I caught a glimpse of him two or three times while talking to my aunt; [Crossed out: as] he was a little to one side. Doria soon passes us. How tall he is! Those with him looked like children. Plobster, who is tall, is small beside him. Plobster walks with Basilevitch ahead of us. Basilewsky sees us home. Basilevitch goes to her window and we go to our balcony, and Basilewsky remains in the middle of the street. He strolls as on a stage; by moonlight, Basilevitch says silly things from her window. "It is like the theatre, only it is a pity there is no guitar," says Basilewsky. "And the umbrella," says Dina, "you have an umbrella -- with which one can do anything." Then he began to play on his umbrella, holding it like a guitar. Basilewsky serenading! It is enough to die of laughter. For a long time more we remain like this. The street is deserted; the moon lights a woman at the window and four women on a balcony and a man -- this man is Basilewsky -- in the middle. It is very pretty. "Wait, I shall bring a candle," says Basilevitch. "In her whole house there is only one candle," Basilewsky tells us. No -- word of honour, he is amusing.Aujourd'hui je me suis baignée, le courant était très fort, mais rien n'est arrivé. Déjeuner à la Plage, une demi-heure de repos à la maison, avec maman à l'estacade, ensuite, la mer est haute, les vagues nous atteignaient presque et le vent était renversant. J'y suis allée pour voir le joli Anglais, mais je ne le vis pas. On rit de moi à la maison, parce que je cherche des Plobsters et je regarde partout pour trouver des hommes jolis. Je ne le cache pas. Là, je dois l'avouer, le nom de Plobster est abîmé depuis que Moelenar a été ainsi nommé. Maman dit maintenant que le Plobster de l'hôtel de France n'est pas celui-ci. Sur l'estacade nous sommes avec Foster I et un Belge, Fanbrantigen, un Anglais. Ayant entendu que je vais avec ma tante à Londres il offre de nous accompagner, de nous éviter tous les désagréments du voyage, des hôtels etc. etc. Foster prie qu'on lui télégraphie et il arrêterait des chambres et préparerait tout. Enfin nous serions pendant notre voyage entre deux anges gardiens. Fanbrantigen part après-demain et Foster ce soir. Je voudrais bien profiter de leur obligeance mais malheureusement nous ne partons que jeudi à cause du concert de Koutski qui est remis à mercredi. Mais en leur télégraphiant seulement, ce serait bien. Ils viennent avec nous sur la digue, nous rencontrons Florence, les deux Anglaises, et le baron Leiss. On s'unit. Maman s'assied et je vais avec Florence. On parle de mon voyage en Angleterre. — Hier je vous ai vu avec Plobster. — Oui, il désire vous être présenté; mais ce n'est pas tout à fait un Plobster. — Ah ! je sais il est demi faquin, demi Plobster n'est-ce pas ? Je rentre à cinq heures, j'écris jusqu'à six, alors je vais dîner. Basilévitch dîne avec son mari, elle le renvoie et vient chez nous pour aller ensemble au Kursaal. Basilewsky aussi est avec nous, et tous quatre nous nous acheminons vers le Kursaal, et nous asseyons comme l'autre soir. Au commencement c'était froid à cause de Paul, du jeu etc. Mais tout fut terminé et de neuf heures à dix heures un quart on a encore ri comme des bienheureux. Basilewsky a beaucoup d'esprit on sent chaque mot qu'il dit et Basilévitch raconte des bêtises, lui se moque d'elle. Elle lui demandait tout le temps un éventail, c'était très comique. Nous étions cinq dames et Basilewsky l'unique cavalier. *Le parti* rôdait autour et le magnétisait mais en vain. Il va avec nous jusqu'au cercle des Bains. J'y allais à contrecœur. Deux places se présentent à gauche et qui je vois derrière moi ! Doria Pamphilii avec l'Anglais si blanc. Je suis très rose, toute la journée. Ah ! mais j'oublie, ce matin j'étais attrapée. Je me coiffais, on frappe, on entre, je vois un monsieur âgé, je devine ce que c'est; je me précipite vers la porte, elle est fermée, alors je me cache sous le canapé. C'est Winnier le médecin du Roi, on voulait me faire voir par force ou par ruse. Je sors enfin, il m'examine et déclare une anémie n'ayant rien trouvé. C'est un imbécile. Je sais ma maladie mieux que lui. Je me suis très fatiguée depuis quatre mois. Il me faut un mois pour me remettre et voilà. Seulement je rage parce qu'ils osent me supposer malade ! Je les traite comme des chiens et de sang-froid, volontiers je leur donnerais des coups de canne. Mais revenons à Doria, je disais que j'étais très rose toute la journée et le soir surtout. Pour cela je suis gaie et vive comme jadis. Ma tante assure que Doria est beau et charmant. Nous restons jusqu'à la fin. Comme je sortais maman a dit que Doria me regardait beaucoup et Paul qu'il montrait aux deux qui étaient avec lui mes pieds. Dina dit que j'étais *rayonnante*. Je ne l'étais pas à cause de Pamphilii, je riais en le voyant me souvenant de toutes les bêtises de Walitsky mais c'est tout. Je ne pouvais pas le regarder, il aurait fallu me tourner, et c'eut été mal. Je l'ai entrevu deux ou trois fois en parlant à ma tante, [Rayé: comme] il était un peu de côté. Doria nous dépasse bientôt. Comme il est grand ! Ceux qui sont avec lui paraissaient des enfants. Plobster qui est grand est petit à côté de lui. Plobster marche avec Basilévitch devant nous. Basilewsky nous reconduit jusqu'à chez nous. Basilévitch se met à la fenêtre et nous nous mettons au balcon, et Basilewsky reste au milieu de la rue. Il se promène comme au théâtre, au clair de la lune Basilévitch dit des bêtises de sa fenêtre. - *C'est comme au théâtre, seulement c'est dommage, il n'y a pas de guitare*, dit Basilewsky. — Et le parapluie, *dit Dina*, vous avez un parapluie, avec lequel on peut tout faire*. Alors il se mit à jouer sur son parapluie le plaçant en guitare. Basilewsky sérénadant. C'est à mourir de rire. Longtemps encore nous restons ainsi. La rue est déserte, la lune éclaire une femme à la fenêtre, et quatre femmes sur un balcon et un homme, cet homme est Basilewsky, au milieu. C'est très joli. — *Attendez, j'apporte une bougie* dit Basilévitch. — *Chez elle dans toute la maison il y a seulement une bougie*, nous dit Basilewsky. — Non, parole d'honneur, il est amusant.