Diary of Marie Bashkirtseff

It rains and the trip to Bruges does not happen. I lunch at the Kursaal; Merjeewsky is near us. I detest him. Plobster poses the whole time before us, and I cannot see him without laughing. He gesticulates like Paparigopoulos. The moment I see his long nose under his little mushroom of a hat, I laugh like a madwoman. I have made him fashionable among us and we all take an interest in him. He poses in every manner to the point of absurdity. He is not a true Plobster, but he is amusing as a poseur. It rains and the wind blows, the ocean roars; the weather is dreadful. We take refuge in the reading room, where Plobster also comes and turns his graceful back. He resembles a lobster. Koutski, who is to give a concert with Nagornoff and Mme Conneau, noticed me at once and asked Merjeewsky to be introduced to me. Merjeewsky introduced him. [Crossed out: his wife looks like a courtesan.] Basilevitch and Viviani dine with us at the Plage; then we and they rejoin Maman and the others at the Kursaal and settle before the window of the reading room. Plobster approaches Basilevitch and is introduced to us. The Chevalier Edouard de Moelenar. After a fortnight of posing, here he is close at hand, this handsome knight errant. He spoke to me of my boots, of my feet, but his language lacks polish, and he is not a true Plobster. He stays with us until nine; there is no more need to pose. The conversation was general; Merjeewsky saw that without him everything went well. Basilewsky sits down between us and we begin to laugh. He is very droll: he calls Viviani "Mademoiselle. 'Ah, Mademoiselle, do you understand Russian?'" Basilevitch, Maman, my aunt and even we tease and annoy him; he defends himself as best he can, this poor sack. We teased him, but at least we laughed -- worse than madpeople -- until nearly -- [Six written pages torn out.] Everything happened en famille!

Il pleut et le voyage à Bruges ne se fait pas. Je déjeune au Kursaal, Merjeewsky est près de nous. Je le déteste. Plobster pose tout le temps devant nous, et je ne puis le voir sans rire. Il se démène comme Paparigopoulos. Aussitôt que je vois son long nez sous son petit champignon de chapeau je ris comme une folle. Je l'ai mis à la mode chez nous et on s'occupe de lui. Il pose de toutes les manières jusqu'au ridicule. Ce n'est pas un Plobster pour de bon mais il est amusant comme poseur. Il pleut et le vent souffle, l'océan gronde, il fait un temps affreux, nous nous réfugions dans le salon de lecture, où vient aussi Plobster, et tourne son dos gracieux. Il ressembe à un homard. Koutski qui va donner un concert avec Nagornoff et Mme Conneau, m'a tout de suite remarqué et a demandé à Merjeewsky de m'être présenté. Merjeewsky l'a présenté. [Rayé: sa femme a l'air d'une cocotte.] Basilévitch et Viviani dînent avec nous à la Plage, puis nous et elles retrouvons maman etc. au Kursaal et nous installons devant la fenêtre du salon de lecture. Plobster s'approche de Basilévitch et on nous le présente. Le chevalier Edouard de Moelenar. Après une quinzaine de jours de poses le voilà tout près, ce beau chevalier errant. Il m'a parlé de mes bottines, de mes pieds, mais son langage manque de vernis, et il n'est pas un véritable Plobster. Il reste jusqu'à neuf heures avec nous, il ne faut plus poser. La conversation était générale, Merjeewsky a vu que sans lui tout s'est bien passé. Basilewsky s'assied entre nous et on commence à rire. Il est très drôle, il nomme Viviani: *Mademoiselle. "Ah, Mademoiselle, comprenez-vous le russe ?"*. Basilévitch, maman et ma tante et même nous plaisantons et l'ennuyons, il se débat comme il peut ce pauvre sac. On l'a taquiné mais au moins on a ri, pire que comme des fous jusqu'à presque [Six pages écrites arrachées] Tout s'est passé en famille !