Samedi, 29 août 1874 Il pleut et le voyage à Bruges ne se fait pas. Je déjeune au Kursaal, Merjeewsky est près de nous. Je le déteste. Plobster pose tout le temps devant nous, et je ne puis le voir sans rire. Il se démène comme Paparigopoulos. Aussitôt que je vois son long nez sous son petit champignon de chapeau je ris comme une folle. Je l'ai mis à la mode chez nous et on s'occupe de lui. Il pose de toutes les manières jusqu'au ridicule. Ce n'est pas un Plobster pour de bon mais il est amusant comme poseur. Il pleut et le vent souffle, l'océan gronde, il fait un temps affreux, nous nous réfugions dans le salon de lecture, où vient aussi Plobster, et tourne son dos gracieux. Il ressembe à un homard. Koutski qui va donner un concert avec Nagornoff et Mme Conneau, m'a tout de suite remarqué et a demandé à Merjeewsky de m'être présenté. Merjeewsky l'a présenté. [Rayé: sa femme a l'air d'une cocotte.] Basilévitch et Viviani dînent avec nous à la Plage, puis nous et elles retrouvons maman etc. au Kursaal et nous installons devant la fenêtre du salon de lecture. Plobster s'approche de Basilévitch et on nous le présente. Le chevalier Edouard de Moelenar. Après une quinzaine de jours de poses le voilà tout près, ce beau chevalier errant. Il m'a parlé de mes bottines, de mes pieds, mais son langage manque de vernis, et il n'est pas un véritable Plobster. Il reste jusqu'à neuf heures avec nous, il ne faut plus poser. La conversation était générale, Merjeewsky a vu que sans lui tout s'est bien passé. Basilewsky s'assied entre nous et on commence à rire. Il est très drôle, il nomme Viviani: Mademoiselle. "Ah, Mademoiselle, comprenez-vous le russe ?". Basilévitch, maman et ma tante et même nous plaisantons et l'ennuyons, il se débat comme il peut ce pauvre sac. On l'a taquiné mais au moins on a ri, pire que comme des fous jusqu'à presque [Six pages écrites arrachées] Tout s'est passé en famille !