Diary of Marie Bashkirtseff

Georges has returned from Aix -- a complete triumph. I am told all at once that yesterday on the way back from Monaco they met the Comte de Toulouse-Lautrec, and he will come with his grandson, Seraphine's son, who has just inherited a fortune of fourteen million and the title of marquis. The blessed little thing -- a boy of twelve. Lautrec does indeed come, and a family scene. He marvels at how tall I am, etc., etc., etc. Then comes Termosiris, bringing us a Russian gentleman whose name I forget. Then comes M. Azarevitch, so that I remained in the salon the whole time. At last Dina and I go out and accompany the comte to the Hotel Paradis. Then we come back again to fetch the princess. To the promenade, but the music is over when we arrive; nevertheless there are people, a great many. For some time now no one looks at me; I conclude from this that I am no longer ridiculous as before.

Georges est revenue d'Aix, triomphe complet. On m'apprend tout d'un coup que hier en retournant de Monaco ils rencontrerent le comte de Toulouse-Lautrec et il viendra avec son petit-fils, le fils de Seraphine, qui vient d'heriter une fortune de quatorze millions et du titre de marquis. Le bienheureux petit, un garcon de douze ans. Lautrec vient en effet, et une scene de famille. Il s'etonne comme je suis grande etc. etc. etc. Ensuite vient Termosiris nous amenant un monsieur russe dont j'oublie le nom. Puis vient M. Azarevitch de maniere que je restais tout le temps au salon. Enfin nous sortons moi et Dina et nous conduisons le comte jusqu'a l'hotel Paradis. Puis nous revenons encore prendre la princesse. A la promenade, mais la musique est finie lorsque nous arrivons, neanmoins il y a du monde et beaucoup. Depuis quelque temps personne ne me regarde, j'en conclus que je ne suis plus ridicule comme avant.

We did not go with Plantus; I am indisposed.

Nous n'allames pas avec Plantus, je suis *indisposee.*

How wretched Nice is! The two English people are walking. The lady has debuted her outfits with a cherry velvet, and he reminds one of the duke -- such a charming face. His wife is elegant but she has that English stamp; Englishwomen have an indefinable something old-fashioned about them even when they are dressed in the latest fashion.

Que Nice est miserable ! Les deux Anglais se promenent. La dame a inaugure ses toilettes par un velours cerise et lui rappelle le duc, une si charmante figure. Sa femme est elegante mais elle a le cachet anglais, les Anglaises ont un je ne sais pas quoi d'ancien meme lorsqu'elles sont habillees a la mode.

I cannot see a tall woman without envy. I wish so much to be very tall! It is so fine to be very tall! Mme Clockman passed -- she is so tall, so well made; I look at her with envy, then I look at myself, and how wretched I am! Little! Ah!

Je ne puis sans envie voir une femme grande. Je voudrais tant etre tres grande ! C'est si bien d'etre tres grande ! Mme Clockman passa, elle est si grande, si bien faite, je la regarde avec envie puis je me regarde ensuite et comme je suis miserable ! petite ! ah !

I have a contempt for all women in general. Each one of them goes out, dresses, arranges every hair, pulls out the best she has to wear, interweaves flowers, adjusts ribbons, ties bows, and finally composes a face and goes out with the intention of piercing the heart of every passer-by. I am not speaking, of course, of women who are elegant by nature; there are a few I call well turned out -- Souvoroff, somewhat la Galve, the Duchesse de Mouchy, and a few others. But those here! Those wretched Spanish women who seem to spread themselves out entirely -- their hats, everything, everything. And as for the Americans, I do not speak of them. What contemptible creatures! It is time to go home, for Helene and Lise come at five; and indeed they come. Paul has also invited Arson -- he is, they say, a spiritualist, and to prove it to us he proposes to guess what each person is thinking. (After much deliberation, I put on the same brown dress I had been wearing for the Howards.) ^["Contempt," "contemptible creatures," and "nonsenses" in English in the original.]

J'ai un contempt pour toutes les femmes en general. Chacune d'elles sort, s'habille, arrange chaque cheveu, tire tout ce qu'elle a de mieux a mettre, entremele des fleurs, accommode des rubans, attache des noeuds, et finalement fait une figure et sort avec l'intention de percer le coeur a tous les passants. Je ne parle pas sans doute de femmes qui sont elegantes de nature, il y en a quelques-unes que je nomme propres comme Souvoroff, un peu la Galve, duchesse de Mouchy et encore quelques unes. Mais celles d'ici ! ces malheureuses Espagnoles qui ont l'air de s'etaler toutes entieres, leurs chapeaux, tout, tout. Et quant aux Americaines je n'en parle pas. Voila des contemptible creatures ! Il est temps de rentrer car Helene et Lise viennent a cinq heures, en effet elles viennent. Paul a aussi invite Arson, il est dit-on spirite, et pour nous prouver il propose de deviner ce que chacun pense. (Apres trente-six essais devant les Howard je mis la meme robe brune que j'avais). Il invoquait les esprits et ecrivait ce que les esprits disent. J'ai prie de deviner ce que je pense et j'ai pense au duc. Il ecrit: Elle pense a ses amours. Est-il bete ! Comme c'est bete de dire des pareilles choses. On est force de croire vraiment a des nonsenses semblables, je ne veux plus le demander et penser a des choses impermises. Mais il fallait raccommoder cette folie et au moment ou j'ai lu : Mais comme c'est juste ! Est-il possible ! Comme c'est extraordinaire ! Tout le temps j'ai pense aux chevaux. Vraiment je serai obligee de croire au spiritisme, et je vais raconter cela dans mon innocence a tous. Les autres aussi ont demande quelques questions auxquelles il a assez bien repondu.

Dinner is served. Towards the end the comte arrives with the little marquis -- that blessed rat. Then Paul gives us fireworks, during which Lise, Helene, and I -- as those chilly creatures cannot go out on the balcony -- watch from my room beside a closed window. The fireworks were charming. Paul and Arson directed them. I told those two children to watch how Arson would pose, for I called through the window to Paul that we are there and everything must take place before us. Indeed at every Bengal light Arson posed, twirled his moustache, and struck all sorts of attitudes. He even burned his hand launching a Roman candle with grace. It is very disagreeable that the Howards should be so pretty -- or rather that I should be so ugly. At nine o'clock they leave, and I, after remaining five minutes in the salon, go to bed thinking of him more than ever.

Le diner est servi. Vers la fin duquel arrive le comte avec le petit marquis, ce bienheureux rat. Puis Paul nous donne un feu d'artifice, durant lequel moi, Lise et Helene, comme ces frileuses ne peuvent pas sortir sur le balcon, dans ma chambre aupres d'une fenetre fermee. Le feu d'artifice etait charmant. Paul et Arson le dirigeaient. J'ai dit a ces deux enfants de regarder comme Arson posera, car j'ai dit par la fenetre a Paul que nous sommes la et que tout doit se passer devant nous. En effet a chaque feu de Bengale Arson posait, tirait sa moustache et faisait toutes sortes de manieres. Il se brula meme la main en lancant une chandelle romaine avec grace. C'est tres desagreable que les Howard soient si jolies ou plutot que je sois si laide. A neuf heures elles s'en vont et moi apres avoir restee cinq minutes au salon je vais me coucher plus que jamais pensant a lui.

I believe (oh extreme misfortune, the height of disgrace!) that Maman has really bought this villa! Why, my God, am I so unhappy and disappointed on every side! Nice is still bearable, but on the Promenade des Anglais; elsewhere it is death. This year is a terrible year. How many swallowed tears this Buffa and Baquis have cost me. Since we came here I feel disgraced, as in exile. My God, do not let it be true! Can we not go on living as at present? But this is dreadful! Shall we never, never live as I would wish? In Nice it is impossible, and Nice is a worthless place. ^[In English in the original.]

Je crois (oh malheur extreme, comble de disgrace !) que maman a reellement achete cette villa ! Pourquoi mon Dieu je suis tellement malheureuse et *disappointed* de tous les cotes ! Nice est encore supportable, mais a la promenade des Anglais, ailleurs c'est la mort. Cette annee est une annee terrible. Combien de larmes avalees m'a cause cette Buffa et Baquis. Depuis que nous sommes ici je me sens disgraciee, comme en exil. Mon Dieu ne permettez pas que cela soit vrai ! Nous ne pouvons donc pas continuer a vivre comme a present ! Mais c'est affreux ! Est-ce que jamais, jamais nous ne vivrons comme je desirerais. A Nice c'est impossible et Nice is a worthless place.

No, my God, deliver me from this new disgrace. Do not send me this further punishment. I weep at the very idea. Have pity on me.

Non mon Dieu delivre-moi de cette nouvelle disgrace. Ne m'envoie pas cette autre punition. Je pleure a cette seule idee. Ayez pitie de moi.

But I weep at the idea that we may continue our way of life!!!!..

Mais je pleure a l'idee que nous pouvons continuer notre genre de vie !!!!..

[In the margin: Herewith my first and my last verses.]

[Dans la marge: Ci-joint mes premiers et mes derniers vers.]

[Twelve lines crossed out but decipherable:

[Douze lignes cancellees mais dechiffrables:

Your hair -- I breathe it in, Your kisses -- I drink them, Your beautiful eyes that I desire -- See! You were made for me. The blue skies without clouds, The zephyrs in the meadows, The river by the bank, Calm, limpid, and clear, And green, and soft, and cool -- are nothing! Are nothing beside your face.]

Tes cheveux je les respire / Tes baisers je les bois / Tes beaux yeux que je desire / Tiens ! tu es faite pour moi. / Les cieux bleus sans nuage / Les zephyrs dans les pres / Le fleuve pres du rivage / Calme limpide et clair / Et vert et doux et frais Ne sont rien ! / Ne sont rien aupres de ton visage.]

[Annotation: April 1875. Yes, our way of life -- always the same thing since the first moment in Nice.

[Annotation: Avril 1875. Oui, notre genre de vie, toujours la meme chose depuis le premier moment a Nice.

My God, I say as I did then -- my God, wilt Thou not have pity on me and let me live as I love??]

Mon Dieu, je dis comme alors, mon Dieu est-ce que Tu n'auras pas pitie de moi et ne me feras pas vivre comme j'aime ??]