Diary of Marie Bashkirtseff

At lunch we had company. At five we went to Monaco with the eternal Anitchkoffs. It is Paul's name day.

A dejeuner nous avions du monde. A cinq heures, nous allames a Monaco avec les eternels Anitchkoff. C'est le jour de nom de Paul.

[Written further on, in the margins: It is today that is Paul's fete. We had company — the Misses Patton; they are very kind, I am beginning to grow fond of them. We stayed in my room; we had a good time. There was also that impossible Drillat. Georges brought him. In Maman's place I would put all delicacy aside and tell him not to bring that man again, for he is worse than bad. He is a... — in a word, one who escorts cocottes for ten francs or more, who gets them into the casino, protects them. Such a man cannot be tolerated.]

[Ecrit plus loin dans les marges: C'est *aujourd'hui* la fete de Paul. Nous avions du monde, les demoiselles Patton, elles sont tres gentilles, je commence a les aimer, nous restions dans ma chambre, on s'est amuse. Il y avait encore cet inconvenable Drillat. Georges l'a amene. A la place de maman, je mettrais toutes delicatesses de cote et je lui dirais de ne plus amener cet homme car il est plus que mauvais. C'est un..., en un mot, qui accompagne les cocottes pour dix francs ou plus, qui les fait entrer au casino, les protege. Enfin un homme comme cela ne peut etre souffert.]

We dine in Monaco, but as always happens with us, everyone is discontented, no one wants to take anything upon himself, and everything falls on me. Instead of — as sensible people would have done — going on arrival to order dinner, since we had invited the Anitchkoffs, they went to the gaming room. They played, they lost, they grew angry. No, such amusements are not for us, for instead1 of taking everything on oneself, no one ever tries to maintain order and gaiety — they amuse themselves by scolding and quarrelling. I am a martyr; I cannot bear such disorder! I thought it was my fault, but since I promised not to say a single word too many, to be good, I see that it is not down to me. It is a misfortune, a curse on the whole family. We love each other at heart; we are incapable of doing the least harm to one another; we would cut off our heads for each other, on the contrary. But not an hour of calm passes — we devour each other! We scold; we needle one another. And then when one is at dinner — "The soup is not good," I might have the misfortune to say, and instantly:

Nous dinons a Monaco, mais comme il arrive toujours chez nous que tous sont mecontents, personne ne veut rien prendre sur lui et c'est sur moi que retombe tout. Au lieu, comme des gens senses auraient fait, d'aller en arrivant commander le diner, puisqu'on a invite les Anitchkoff on alla dans la salle de jeu. On joua, on perdit, on se facha; non, de pareils amusements ne sont pas pour nous, car instead de prendre tout sur soi, jamais on ne tente de maintenir l'ordre, la gaiete, on s'amuse a gronder et a se quereller. Je suis un martyr, je ne puis voir de tel desordre ! Je pensais que c'est ma faute, mais depuis que j'ai promis de ne pas dire ni un mot de trop, d'etre bonne, je vois que ca n'est pas pour moi. C'est un malheur, une malediction sur toute la famille. On s'aime, au fond, on est incapable de faire le plus petit mal l'un a l'autre, on se couperait la tete l'un pour l'autre, au contraire. Mais il ne se passe pas une heure de tranquillite, on se mange ! On gronde, on lance* des epingles l'un a l'autre. Et puis quand on est a diner - La soupe n'est pas bonne, aurais-je le malheur de dire, a l'instant.

— It is the same as always; why are you scolding? My God, my God, what is she going to do now? Oh! what torture. What a dreadful character.

- Elle est comme toujours, pourquoi tu grondes ? Mon Dieu, mon Dieu, que va-t-elle faire ? Oh ! quel supplice. Quel affreux caractere.

Before, I would have walked off, shouting or weeping and stopping my ears. Now, to keep my promise, I maintain my calm, say nothing, and smother within me a dreadful anger, a dreadful indignation! At last, with great difficulty, we went to dinner — it continues. Why order so much? No one is hungry. And I cannot say a word without being looked at: What is she doing? How she shouts! I am going

Avant je me serais en allee, criant ou pleurant et me bouchant les oreilles, maintenant pour tenir ma promesse, je me maintiens calme, je ne dis rien et etouffe en moi une colere, une indignation* affreuses ! Enfin, avec de grandes peines, on alla diner, cela continue. Pourquoi avoir tant ordonne, personne n'a faim. Et puis je ne puis dire un mot sans qu'on me regarde: qu'est-ce qu'elle fait ? comme elle crie ! Je

to run away!! These are our pleasure outings!

vais m'enfuir !! Voila nos parties de plaisir !

Towards the middle things became a little gayer — I animated the dinner, I can say without boasting; towards the end all went nearly well. After dinner, at the casino, I played and fairly well — I guessed many numbers, nearly all at the beginning. In short, the result: from nothing I won forty francs, but I did not want to take this money away; I wanted to play more, for I took it there and there I would leave it. I only brought back twenty francs, and that is well.

Vers le milieu, on s'egaya un peu, j'animais le diner, je le puis dire sans m'en vanter, vers la fin tout alla presque bien. Apres diner, au casino, j'ai joue et assez bien, j'ai beaucoup devine des numeros, presque tous au commencement. Enfin le resultat: avec rien j'ai gagne quarante francs, mais je ne voulais pas emporter cet argent, je voulais encore jouer, car je l'ai pris la et la je le laisserai. J'ai seulement rapporte vingt francs et c'est bien.

We go to Vienna on Saturday — I, my aunt, Dina, and Paul. Maman wants me to go for several reasons: to see the Exhibition, no doubt; to distract myself and change the air, flee these heats — and the principal one... is that in Vienna are Mme Miloradovitch and her son. Maman wants to arrange this trip as a sort of encounter, like the Duke of Edinburgh and Duchess Marie — as if by chance, meeting in Vienna. For she desires this marriage very much; it is all she desires for me. She thinks that if she were sure it would happen, she could be easy on my account. All this is very well, but those are not my desires. He is rich, young; if I wanted only wealth, I would marry him. No doubt I shall never marry a poor man — that is his misfortune and mine. For when one lacks everything... and then I love luxury; I am capricious; I have grand ideas. Drawing rooms, society, elegant dress mean a great deal to me. Being poor, or even merely comfortable, I should be unhappy. The first year, the second, it passes; but later, when love has cooled — and it will cool quickly amid privation. Whereas being rich, one loves — or rather, I shall love always. One has less time, and seeing each other less often, one has time only to love; one sets aside the quarrels, attributes of marriage; one loves, one is content with oneself and with others. This applies less to me than to the husband; for I, it is all the same to me — I love no matter where and how; I should love him always, my whole life; my love would never cease, it would have no bounds, it would change neither with circumstances nor with age. But it is to keep the husband that all this is necessary. Men do not love simple women — they want elegant dress. They do not know it themselves. But a woman surrounded by luxury, who is not very pretty, seems beautiful to them — not that, exactly, but she attracts, she pleases. She must, no doubt, have certain manners, for elegant dress alone is nothing.

Nous allons samedi a Vienne, moi, ma tante, Dina et Paul. Maman veut que j'aille pour plusieurs raisons: pour voir l'Exposition sans doute, pour me distraire et changer d'air, fuir ces chaleurs, et la principale.... c'est qu'a Vienne sont Mme Miloradovitch et son *fils*. Maman veut arranger de ce voyage une espece d'entrevue comme le duc d'Edimbourg et la duchesse Marie; par hasard nous voir a Vienne. Car elle le desire beaucoup ce mariage; c'est tout ce qu'elle desire pour moi. Elle pense que si elle etait sure que cela sera, elle pourrait etre tranquille sur mon compte. Tout cela c'est bien, mais ca ne sont pas la mes desirs. Il est riche, jeune; si je ne voulais que la richesse je l'epouserais. Sans doute je ne me marierai jamais avec un homme pauvre, c'est son malheur et le mien. Car lorsqu'on manque de tout... et puis j'aime le luxe, je suis capricieuse, j'ai de grandes idees. Les salons, le monde, les toilettes sont beaucoup pour moi. Etant pauvre, ou meme seulement aisee, je serai malheureuse. La premiere annee, la deuxieme encore cela passe; mais plus tard quand l'amour sera refroidi et il le sera vite au milieu des privations. Tandis qu'etant riche on aime ou, c'est-a-dire, j'aimerai toujours. On a moins de temps et, se voyant moins souvent, on n'a le temps que de s'aimer; on laisse de cote les querelles, attributs du mariage, on s'aime, on est content de soi et des autres. Ca ne peut si bien s'appliquer a moi qu'au mari; car moi cela m'est bien egal, j'aime n'importe ou et comment, je l'aimerais toujours, toute ma vie, mon amour ne cesserait point, il n'aurait pas de bornes, il ne changerait ni avec les circonstances, ni avec l'age. Mais c'est pour conserver le mari qu'il faut tout cela. Les hommes n'aiment pas les femmes simples, ils veulent des toilettes. Ils ne le savent pas eux-memes. Mais une femme entouree de luxe, qui n'est pas tres jolie, leur parait belle, et non pas cela, mais elle attire, elle plait. Elle doit sans doute avoir de certaines manieres, car les toilettes seules ne sont rien.

No, I do not want Miloradovitch; I do not love him, and how can one live with a man one does not love? I could not pretend. I must choose a husband I love, for I shall be faithful to him. Another woman would take a man she does not love, because she is capable of — she can — having lovers. I could never. How to live with a man one deceives? I would blush my whole life, every minute!

Non, je ne veux pas de Miloradovitch, je ne l'aime pas et comment vivre avec un que je n'aime pas. Je ne pourrais pas feindre. Je dois choisir un mari que j'aime, car je lui serai fidele. Pour une autre, elle prendrait un homme qu'elle n'aime pas, parce qu'elle est capable, elle peut, avoir des amants. Moi, je ne le pourrais jamais. Comment vivre avec un homme qu'on trompe, mais je rougirais toute ma vie, a chaque minute !

No doubt I could make myself the greatest coquette in the world with this Miloradovitch; I would turn his head. I know coquetry, I know what it is. I would affect modesty, simplicity; I would seem not to think of him (which is the truth). That is to say, I would show him that he is quite indifferent to me, and then, little by little, I would blush from time to time — it is easy; I have only to mention Hamilton.

Je ferais sans doute avec ce Miloradovitch la plus grande coquette du monde, je lui tournerais la tete. Je connais la coquetterie, je sais ce que c'est, j'affecterais la modestie, la simplicite, je semblerais ne pas penser a lui (ce qui est en verite). C'est-a-dire que je lui ferais voir qu'il m'est bien indifferent, et puis, peu a peu, je rougirais de temps en temps, c'est facile, je n'ai qu'a parler de Hamilton.

In a word, by whatever means, I would make him fall in love; I would torment him — to avenge myself on Hamilton.

En un mot, par n'importe quels moyens, mais je le rendrais amoureux, je le martyriserais pour me venger de Hamilton.

[In the margin: Palajka]

[Dans la marge: Palajka]

Notes

In English in the original.