Wednesday, 11 June 1873
Je me sens plus gaie, serait-ce par ma prière ? Je n'ose point l'espérer. Tout le monde est allé au bain, on devait rencontrer Daniloff et compagnie. Je suis restée. A déjeuner Mme Daniloff a amené M. Khalkionoff que sa mère laisse chez Mme Daniloff pour le soigner. Je ne puis rien dire de lui, je le vois pour la première fois. Un garçon laid, simple, je ne dis rien de plus, comme tous les garçons. Je n'aime pas la société de ce genre. Papa l'a mené dans notre atelier pour voir, il prenait parfois l'air connaisseur. On dit qu'il peint bien.
Puis nous allâmes à la villa Audiffret. Cette villa nous va, elle n'est pas très élégante mais commode, comme il faut, et c'est beaucoup. Avec tout cela, assez bon marché. Il y aura un croquet. Nous conduisîmes ce jeune homme chez lui (chez Mme Daniloff) puis maman et ma tante à la gare. Je suis allée avec Dina chercher mon ombrelle; elle est très jolie, telle que je la voulais, je suis satisfaite. Puis à la maison chercher papa et Markevitch. Nous fîmes quelques tours et allâmes chez Rumpelmayer manger des glaces, renvoyant la voiture, papa est allé à la maison.
Pour retourner nous prîmes un fiacre, nous ne faisions pas une belle figure dans ce fiacre; trois et Prater le chien sur le siège. C'est ainsi que nous rencontrâmes Richard. Aujourd'hui on m'a essayé le corset et la robe bleue de chez Auda, elle sait très bien faire, je n'ai besoin de rien lui dire comme aux autres, elle donne elle-même toutes les nuances à la façon, ce genre particulier, que je ne puis faire comprendre à d'autres.
Je suis bien plus gaie, je me sens plus légère. Merci mon Dieu !