Wednesday, 16 April 1873
# Mercredi 16 avril 1873
Poussière et vent horribles. A l'église (vêtement vigogne) puis à la maison. Ces jours on ne fait presque rien en fait de leçons, le soir et matin à l'église.
A la promenade, sur le pont, nous nous arrêtâmes en voiture pour parler à M. Anitchkoff, lorsque vient une voiture à volonté, avec un jeune homme, grand, mince, brun, je le regarde, je crois reconnaître quelqu'un et en effet c'est lord Hamilton, j'ai poussé un cri de surprise.
— Oh ! Carlos Hamilton !
On me demande:
— Qu'est-ce ?
et je dis que Mlle Collignon m'a marché sur le pied.
Il n'a rien de son frère. Tout de même je suis plus que contente de le voir. Oh ! si au moins on faisait sa connaissance, car par lui on pourrait connaître le duc.
J'aime celui-là comme mon frère. Je l'aime parce qu'il est son frère. Oh ! je voudrais le connaître, de lui je pourrais savoir où est l'autre, avec lui je pourrais parler de l'autre.
A la maison, Walitsky raconta ce qui est arrivé, je me suis assez bien tirée, je n'ai pas rougi, mais quant à dîner Walitsky a dit tout d'un coup: "His Grace the Duke of Hamilton", j'ai rougi, je suis allée vers l'armoire, j'étais confuse, quoi !
Maman m'a reproché ce cri, en disant que ma réputation etc. etc. Je crois qu'elle devine un peu, car toutes les fois qu'on dit Hamilton, je rougis, ou bien je sors brusquement de la chambre et ainsi de suite. Elle ne me gronde pas pour les autres, ici elle se doute de quelque chose; cela m'ennuie un peu.
Le soir à l'église, en rentrant nous trouvâmes M. Patton chez nous.
Je ne sais ce que cela veut dire mais à l'église je n'ai dans la tête que robes, etc. Il faut me corriger.
Je ne puis bien prier qu'à la maison, toute seule.