Deník Marie Bashkirtseff

Mardi 10 juin 1873

Začala jsem vážně studovat kresbu.

J'ai commencé l'étude sérieuse du dessin.

Zas ty byty. To slovo mě už prostě dohání k zoufalství. S tetou jsme si vzaly fiakr a vyrazily hledat bydlení. Nahoru dolů, dolů nahoru! Vylezly jsme na dvacet schodišť bez úspěchu. Je tu několik věcí, které by nám mohly vyhovovat, ale nerozhodujeme se (tenhle papír saje). Vrátila jsem se kolem páté, převlékla se (šedé vlněné šaty, velmi dobře, tvář unavená celé ty dny), abych šla zkoušet modré šaty, ale našly jsme obchod zavřený kvůli úmrtí. Jsem stále velmi unavená, cítím se mdlá, neschopná pracovat — letní měsíce v Nice mě ničí

Toujours les appartements. Ce mot commence tout simplement à me dégoûter. Ma tante et moi, nous prîmes un fiacre et nous allâmes à la recherche d'une habitation. D'en haut en bas, de bas en haut ! Nous avons monté une vingtaine d'escaliers sans succès. Il y a plusieurs choses qui peuvent nous convenir, mais on ne se décide pas (ce papier boit). Je suis rentrée vers cinq heures, j'ai changé de toilette (robe grise de drap très bien, la figure fatiguée tous ces jours) pour aller essayer la robe bleue, mais nous trouvâmes le magasin fermé pour cause de décès. Je suis encore très fatiguée, je me sens molle, incapable de travailler, les étés à Nice me tuent. Je m'ennuie, il n'y a personne, la chaleur m'énerve, je suis irritée, je m'ennuie et je suis à chaque instant prête à pleurer. Cela abîme mon caractère, ma santé, mon extérieur, enfin ! Je souffre ! Mon Dieu ! Mon Dieu ! Faites-moi partir de Nice, au nom de la Sainte Vierge et de notre Sauveur ! Je n'ai pas une minute de repos. Oh ! Seigneur sauvez-moi !!! On ne vit qu'une fois. Passer les étés ici, c'est la mort ! C'est perdre la moitié de la vie ! Je pleure maintenant, une larme est tombée sur le papier. Oh ! si maman et le reste savaient combien cela me coûte de rester ici, ils ne me garderaient pas bien sûr dans cet *affreux* désert. Je perds ma santé à cause de l'agitation continuelle, de l'ennui, de la... je ne sais quoi. Quand on est agité comme cela, toujours on vieillit avant le temps, on devient méchant I

Ve jménu toho, co mám na světě nejdražšího, zapřísahám Vás, můj Bože, abyste mě uklidnil, abyste mi vrátil klid.

Au nom de ce que j'ai de plus cher au monde, je Vous conjure, mon Dieu de me tranquilliser, de me rendre le repos.

[Na okraji: Koupala jsem se v moři.]

[Dans la marge: J'ai pris un bain de mer.]

Nic z něj mě nezaměstnává — je to tak dávno, co jsem o něm nic neslyšela, že mi připadá mrtvý. A pak jsem v mlze, minulost si sotva pamatuji, budoucnost se mi jeví ohyzdná! Jsem celá změněná, pleť mi zažloutla

Rien ne me préoccupe de lui, il y a si longtemps que je n'entends rien qu'il me semble mort. Et puis je suis dans un brouillard, le passé je m'en rappelle à peine, l'avenir me semble hideux ! Je suis toute changée, mon teint a bruni, mes cheveux aussi, je suis maigrie, les yeux sont enfoncés, sous les yeux des sacs, les lèvres pâles, la voix enrouée; je suis laide, très laide. Avant en me réveillant j'étais rose et blanche, fraîche. Maintenant ! Mais qu'est-ce qui me ronge ainsi ? Que m'est-il arrivé ? Que m'arrivera-t-il ? Encore une fois je Te supplie de ne pas me punir pour mes caprices et mes grossièretés à ma mère et le reste !

Zdá se mi, že mi hlas říká, abych se změnila, nebo bude pozdě. Budu potrestána, jestli se nezměním. Vytrpím vše. Budu hodná, mírná, jen mi v tom pomoz, můj Bože!

Il me semble qu'une voix me dit de changer ou il sera trop tard. Je serai punie si je ne change pas. Je supporterai tout. Je serai bonne, douce, seulement aide-moi en cela, mon Dieu !

Přišli Černikoff, paní Teplaková, Danilová a ještě nevím kdo. Nevyšla jsem; pak všichni do Monaka kromě tatínka a mě.

Tchernikoff, Mme Teplakoff, Daniloff et encore je ne sais qui sont venus. Je ne suis pas sortie, puis tout le monde à Monaco excepté papa et moi.