Čtvrtek 5. června 1873
Jeudi 5 juin 1873
Ma tante est bien portante, mais encore faible, avant-hier elle s'est habillée tout à fait.
"Celui qui habite sous la protection du Très-haut trouvera le repos dans la demeure du Tout-puissant. Il dira au Seigneur: Vous êtes mon appui et ma défense. Il est mon Dieu, j'ai mis en Lui tout mon espoir. Parce qu'il s'est attaché à moi, je le délivrerai, je l'élèverai parce qu'il a reconnu mon nom".
Voilà les paroles sur lesquelles j'ai fondé toutes mes espérances, sans elles, je serais très malheureuse.
A quatre heures, je suis sortie pour donner ma robe de soie bleue à refaire. J'ai copié un petit médaillon dans ma cuvette. A force de le regarder tous les jours, j'ai conçu l'idée de faire arranger ma robe comme ça. C'est vraiment très joli, et gracieux surtout; chez Auda à l'avenue de la Gare.
Nous avons dîné à cinq heures pour aller chercher Lise et Aggie à six heures et aller avec elles à la musique (robe rose). Je suis allée toute seule, elles étaient prêtes et Mlle Gaspard est venue avec nous. Elle est très gentille. C'est la première fois que j'ai causé avec elle.
A la musique... rien. Niçois stupides ! Ah ! j'ai oublié, cet après-midi nous étions voir le nouveau théâtre "Les Folies niçoises". Il est très joli, petit mais joli. Aujourd'hui c'est l'ouverture.
De la musique les enfants vinrent chez nous pour une demi-heure à peu près.
Mlle Collignon part demain. C'est tout de même un peu triste, même un chien avec lequel on a vécu un mois fait de la peine en partant.
[En travers: Surtout un chien.]
Malgré les relations bonnes ou mauvaises, j'ai un ver dans le cœur.