Pátek 28. března 1873
Vendredi 28 mars 1873
A la promenade (robe bleue) pas trop de monde, assez cependant. Puis avec ma tante chez Manby, mais rien de décidé.
Cela m'ennuie joliment ! Surtout, je n'aurais rien à mettre pour le Tir aux pigeons; et c'est justement là que je voudrais être habillée bien, joliment, simplement, élégamment; parce que je voudrais qu'il fasse attention à moi. Ce sont des bêtises. Si Dieu veut qu'il fasse attention à moi, ce sera en n'importe quelle robe ! Je n'ai donc qu'à prier le Bon Dieu ! Et je le prie de toute la force de mon âme. Parce que j'aime.
Le soir, d'une façon imprévue au Français "Tartuffe" de Molière. C'est beau, je ne dis pas; mais en même temps fatigant. Je me suis ranimée à la deuxième pièce, "Cendrillon" très bien jouée (j'avais ma robe de soie bleue, pas très bien).
Le théâtre était plein, on est arrivé pour Cendrillon. Du monde élégant. A côté de nous étaient les White. J'ai parié avec Clara des bains, monté à cheval, etc. etc. en sortant nous les vîmes encore, la brune est plus vive et plus sympathique. Je juge d'après la manière dont elle presse la main, elle a le cœur vivant, tandis que Clara....
En somme je suis contente d'être allée. On dirait que ce que j'écris est mesuré parce que je finis toujours au bas de la page mais ça n'est pas ça; je trouve toujours quelque chose à dire, par exemple, maintenant, si j'étais au bout de la page j'aurais cessé mais j'ai de la place et j'en profite pour dire combien tous mes vœux sont portés vers Hamilton. Je ne puis jamais trop le dire, combien je l'aime, combien je désire qu'il m'aime. Oh ! qu'il fasse notre connaissance à ce Tir, que je le voudrais, mon Dieu.