Lundi 4 juin 1877
Il n'est pas possible de contrarier aussi mesquinement et dans les choses les plus minimes, qu'on ne me contrarie. Je suis la maîtresse comme on dit et il faut des discussions plus ou moins agaçantes pour le plus méchant demi-litre de lait. Je dis à la lettre et n'exagère rien. Mes livres sont emballés, et tenez, sur ce point me furent faites force chicanes, on ne voulut pas donner les clefs des malles, on les donna en montrant les dents, puis on fit mine de ne pas comprendre pourquoi tout ce déménagement comme si il n'y avait jamais été question de partir et comme si nous étions installés pour toujours à Nice. J'en devins si agacée que je répondis à toutes les bêtises qu'il fallait passer sous silence... Ce qui mit le comble, c'est qu'au lieu de se tenir tranquille on provoquait comme si on était moi.Je me suis enfuie chez moi où une lecture frivole m'a peu à peu calmée. Heureusement il n'y avait personne d'étranger, Nemekoff qui n'a pas l'air du tout de désirer l'hymen, est parti avant le dîner.
Il fait si chaud que je suis doublement fatiguée.