Deník Marie Bashkirtseff

Et alors passant à la sophistication je me mis à expliquer toute l'utilité de la bonne cuisine soutenant qu'elle faisait les hommes vertueux.
Gritz roulait d'approbation en approbation et je vous assure qu'il est [Mot norci: assez] beau garçon.
Je montai au premier. Les salons sont très grands, surtout la salle de bal, on y [Mots noircis : a porté le] piano hier seulement. Je jouai. Le pauvre Kapitan faisait des gestes desespérés pour empêcher Paul de bavarder.
— Mon Dieu ! s'écriait le bonhomme, j'oublie en écoutant que je suis depuis six ans rouillé et moisi en province ! Je revis !
Je ne joue pas bien, je barbouille souvent, cependant il y a des choses que je ne joue pas mal. Mais, c'est égal, je savais bien que le pauvre Kapitan était sincère et le plaisir que je lui procurai me fit plaisir.
[Kapitan] à ma gauche, Eristoff et Paul derrière, et Gritz à droite me regardant et m'écoutant avec une contenance enchantée, lui Gritz; car je ne voyais pas les autres. Il semblait satisfait de me retrouver munie de tous les talents de société et de tous les avantages physiques.
Quand j'eus fini "Le russieau" ils me baisèrent tous la main, et quand Gritz fit le geste de la prendre je la lui tendis avec un plaisir particulier et après l'avoir baisée il la serra.
Papa couché sur un canapé clignait des yeux. La princesse travaillait sans rien dire mais c'est une bonne femme.
Je respire librement, la malédiction de là-bas ne me pèse pas ici. Je suis chez mon père qui est un des premiers du gouvernement et je crains ni manque de respect ni légèreté.