Deník Marie Bashkirtseff

J'étais échauffée par le soleil et la course et j'ai essayé ma voix qui est en train de revenir peu à peu. J'ai chanté le "Lacrymosa" de la messe funèbre, comme à Rome.
Mon père nous attendait sous la colonnade.
— Eh bien, vous ai-je trompé et suis-je mal en amazone. Demandez à Pacha comment je monte. Suis-je bien ?
— C'est vrai, oui, hum... très bien, vraiment.
Et il m'examinait avec satisfaction.
Je suis loin de regretter d'avoir apporté trente robes. Mon père [Mots noircis: doit être] pris par la vanité et je dois me montrer dans tous mes avantages.
Michel m'amena ce matin un médecin de Poltava, que j'ai demandé hier, pour mon larynx, et ce monsieur était au salon que je suis entrée, la jupe relevée sur un bras, en bottes jusqu'aux genoux, à talons d'acier avec mes armes dessus gravées en or, et les mêmes armes sur le haut de la botte, brodées en soie.
Selon ma manière, je me tins au milieu de la chambre et de là pris part à la conversation répondant de tous les côtés.
En ce moment arriva Miloradovitch avec une malle et un domestique. Quand il m'eut saluée je répondis aux compliments d'usage et m'en allai changer de costume en disant "je reviens".
Je revins vêtue d'une robe de gaze orientale avec deux mètres de queue, et un corsage de soie ouvert devant à la Louis XV et... attaché par un grand nœud blanc. La jupe est naturellement toute unie et la traîne carrée.
Gritz naturellement me parla de toilette, admirant la mienne [Mots Noircis: et prouvant par sa conversation] qu'il s'y entendait. Il adore les costumes anciens, les bronzes et les porcelaines, et les collectionne. On le dit bête et il parle de tout, de la musique, des arts, des sciences. Il est vrai que c'est moi qui parle et il ne fait que dire : "Vous avez parfaitement raison, c'est juste".
Je me taisais quant à mes études craignant l'effaroucher, mais j'ai été provoquée à table de citer un vers latin et de m'étendre sur la littérature classique et les imitations modernes avec le docteur. Et Gritz a très bien pris la chose.
Et on s'écria que j'étais étonnante et qu'il n'y avait rien au monde dont je ne pusse parler, aucun sujet de conversation ou je ne fusse à mon aise.
Papa faisait des efforts héroïques pour renfermer les rayons de son orgueil, et Gritz me regardait en ouvrant la bouche. Ensuite un poulet aux truffes provoqua [Mots noircis: un discours eu] linaire [Mots Noircis: dans lequel] je montrai une science gastronomique qui fit ouvrir les yeux et la bouche encore plus à Gritz, qui est gourmand comme son père.