Vendredi, 4 septembre 1874
Je passe ma matinée et mon après-midi d'une manière assez comique. J'attachais des ruches à mon corsage et pleurais disant que toute ma vie se passe à cela, que je ne vais nulle part à cause des travaux de couture et des Nettoyages etc. Dina me voyant et m'entendant se met à rire, moi aussi mais sans cesser de pleurer.
[Rayé: Ma tante] Je me fais prier pour dîner, mais je cède et Par un grand vent d'orage
Qui nos jupes relevait Nous allâmes à la Plage Pendant qu'il pleuvait. Ma tante jure et se fâche Car le vent de la mer Dérange son panache Et lui rend la vie amère.
Là nous sommes près de l'homme qui est dit-on amoureux de moi et d'un autre côté est un autre homme, un vieux et laid qui depuis plusieurs jours dîne à côté de nous, et me fixe furieusement. Le premier est un jeune Allemand aux favoris noirs pour lequel une femme s'est tuée l'année dernière, c'est celui qui voulait être présenté par le comte Doenhoff, et que j'ai refusé.
Il parlait allemand et ma tante a raconté après qu'il a dit qu'il aurait donne tout au monde pour faire ma connaissance et celui à qui il parlait a dit que c'est facile au bain, quand je me baignerai il pourrait m'aider etc. mais il répondit que c'est impossible.
Il pleut et nous rentrons en voiture.
[Rayé: Dépensons 2 fr. or]
Je me coiffe et mets des bottines fermées. Mais il pleut tant qu'il fallait moi pour sortir, enveloppée et avec parapluie. En route j'ai pensé plusieurs fois être renversée ou inondée. Au salon de lecture nous trouvons les nôtres. On est morose, demain nous pensons partir et mon cœur se serre. Merjeewsky pose, je ne lui adresse pas la parole.