Deník Marie Bashkirtseff

J'ai pose, le portrait est une jolie tete mais ca n'est pas moi. Je suis desolee, je comptais avoir quelque chose de joli. Ce matin j'ai encore lu ce livre. Maman ouvrit la porte. Je croyais qu'elle entrerait et je serais surprise, mais non, elle me demanda l'heure. Pour ne pas etre attrapee, je mets le livre dans le tiroir et je lis pour pouvoir a chaque minute feindre de chercher quelque chose. Malgre ces precautions, j'avais tres peur et j'etais rouge, et inquiete.
Quel dommage de n'avoir que le deuxieme volume des "Courtisanes du monde". Il y a quatre divisions, chacune en quatre volumes: "Les courtisanes", "Les grandes dames", "Les Parisiennes". [Raye: Les femmes dechues]
C'est un peu nu, mais tres bien ecrit. L'apres-midi je l'ai fini. La curiosite est eveillee en moi, dans ce volume on parle des evenements precedents, et je ne les ai pas lus.
Le soir, moi et la princesse allames faire un tour a la promenade, en attendant Dina, nous avons parle de Bade, de la societe de Mme Paskevitch, Carlos Hamilton et la vieille fille. La, j'etais au large, je pouvais m'adonner a mon plaisir le plus grand: parler de lui. Elle m'a demande si lord Hamilton est beau, grand, brun et pur manche a balai, mais bien.
-- Est-ce qu'il ressemble au duc ?
-- Non ? c'est bien car celui-ci a une figure ignoble. La folle !
-- Comment, au contraire celui qui est ici est mieux.
-- Le rouge, qui a la figure rougeatre ?
-- Mais oui.
-- Celui de Gioia ?
-- Mais oui, il est bien plus beau.
Elle aime les maigres et les bruns, je pardonne.
[Dans la marge: Maman, ma tante, Walitsky et Paul a Monaco.]