Jeudi 22 mai 1873
Voilà une belle affaire ! Si jamais j'ai eu chose pareille ! Sans me préparer du tout me voilà en route pour Genève avec le train de deux heures. Voilà comment cela arrive: pour la même raison que l'autre fois, c'est-à-dire que le bijoutier veut faire payer le double, l'autre fois on a déconseillé à maman, mais cette fois, elle va. Je ne sais pas trop les détails de l'affaire, mais n'importe. J'ai pris la vieille robe grise de Dina, je l'ai arrangée pour le mieux et c'est merveilleux. Tout ce que je mets est joli, la plus disgracieuse des robes sur moi est gracieuse; sur une autre, la même robe est laide, sur moi elle prend une autre tournure; ça n'est pas pour me flatter, mais c'est la pure vérité.
Nous partîmes à la gare où nous avons trouvé presque tout ce qui reste à Nice. Mme Rice avec son frère et sa cousine, Mlle Combie que nous connaissions. Nous leur avons parlé et comme elles vont par le même chemin nous nous sommes arrangées d'aller ensemble. Walistky, Markevitch et Dina nous ont reconduits, ma tante est encore malade, elle nous fait tant de peine.
Nous partîmes donc, j'en suis étourdie, d'une manière si inattendue !
Le voyage jusqu'à Lyon était très agréable en compagnie de ces Américains; ils sont charmants et aimables. J'ai parlé anglais assez bien (j'écris cela et maman avec Krumling calcule les notes de l'autre côté de la table, et cela m'embrouille et je ne puis écrire). De Lyon nous étions avec des hommes; cela m'ennuyait car ils n'avaient pas l'air comme il faut. Je causais tout le temps et le livre que j'avais pris avec moi était inutile jusqu'à Lyon. Mais quand les Américains partirent I have looked for it, and found that it was lost, but I must buy one to finish it: "Mabel Waughan" by the author of "The Lamplighter". Les Rice avaient un livre que je veux lire "Satanella" by Neville, or something of this kind. We parted very good friends.