Deník Marie Bashkirtseff

Hier soir, m'étant couchée, Markevitch est venue s'asseoir sur mon lit et nous avons beaucoup ri, et dit des bêtises. Je lui racontais mes fantaisies, les salons que j'ai inventés, les toilettes et la maison que je voudrais avoir. Elle est vraiment belle cette maison et quels salons ! Je crois que dans le monde
entier on ne trouverait autant de fantaisie. Ils sont aussi riches, mais de richesse ils peuvent être égalés, de fantaisie, d'originalité, de grâce, non. Elle a aussi beaucoup de fantaisie et de goût.
Ma chambre à coucher, une coquille en satin blanc, les lampes commes les perles. C'est féérique ! Et encore je ne voudrais pas de tout cela avec un que je n'aime pas. Je le voudrais avec le duc de Hamilton, car je l'aime. Je l'aime tant que je ne puis, et d'ailleurs il n'y a pas de paroles pour l'exprimer, je ne pourrais le lui dire, je ne saurais comment.
A la promenade (robe violette, pas bien), nous avons essayé les robes grises. Je crois que j'irai bientôt à Vienne. Dieu donne !