Journal de Marie Bashkirtseff

J'ai vu la nouvelle lune... de l'œil gauche et j'en suis attristée.
En vérité Mademoiselle, comment osez-vous avouer de si plates superstitions ! Pourquoi plates. Napoléon et César étaient superstitieux pour ne vous citer que ces deux plus illustres.
Saint-Amand dîne ici et la princesse et Bojidar puisqu'il a posé toute la journée.
Mme Gavini est venue hier et la baronne.
Je ne fais plus à tout propos à la plume et au crayon le profil de Bastien et je n'y pense que comme peintre.
Ce soir après avoir bien réfléchi je me déclare net qu'il ne sera jamais amoureux de moi. Ecartons cette préoccupation. Jamais. Me voilà tranquille. Mais quel dommage mon Dieu !
chez de fausses princesses et des étrangères équivoques, tranche, discute, tape sur les personnages les plus connus et commet mille maladresses très naïves. Encore s'il fréquentait des salons de 2ème ordre parce qu'on y trouve à s'amuser, ça ne serait pas un mal, mais c'est que je le crois un peu... Saint-Amand, il a été élevé comme une fille, il est économe, serré.
Et puis il [est méchant] et parle beaucoup de cocottes quoique jamais... Je ne sais pas pourquoi je me figure cela... Du reste avec Irma ça n'est pas allé loin parce que a-t-elle dit Bojidar lui a avoué n'avoir pas le sou.