Julian trouve très chic le portrait de Bojidar et il aime bien le tableau seulement il en pense ce que j'en pense. Quand on tient un sujet pareil il faut se payer le plaisir d'obtenir un maximum d'exécution. Il est bien pour tout le monde, mais puisque votre idéal est Bastien, songez à la perfection qu'il donne à un morceau, tendez toutes vos facultés et obtenez un résultat extraordinaire.
Autrement ce serait dommage. Laissez-le reposer et puis au printemps payez-vous le plaisir d'exécuter certaines parties de façon à ce qu'il n'y ait rien à dire, Bastien et la nature étant les points de comparaison.
Il est presque aussi exigeant que moi ce Julian. Tony vient, Bojidar reste et nous dînons tous ensemble. La soirée est un peu troublée par la visite des deux MM. de la Tour, ils sont jumeaux, l'un est militaire, l'autre au ministère, ils ont vingt ans, ils zézayent et sont blonds et roses.
De sorte que je n'ai pas pu causer de ma lettre avec Tony.
Du reste je suis calme et presque mélancolique d'avoir renoncé à Bastien. C'est enfantin. Julian me dit que son grand-père vient de mourir. C'est pour le portrait de ce grand-père qu'il a obtenu sa médaille en 1874, c'était un début et un début qui a fait du bruit.
Nous n'avons pas encore reçu de lettre de faire-part. Comment Julian le sait-il ?
Si je reprenais mes morceaux maintenant, sans aller à Concarneau ?
Je ne sais plus.