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Mardi 9 janvier 1883
Nervo est venu avec le petit jeune homme qui conduira le cotillon pour régler les détails.
Et puis Coquelin cadet pour la comédie, l’aîné est à Pétersbourg, c’est là qu’il a appris la mort de Gambetta. La mort de Gambetta, ça ne vous paraît pas triste et injuste.
Depuis une semaine je me plonge dans la lecture de Gambetta, Mirabeau et la Révolution. La Révolution française appartient à tout le monde, je ne suis donc pas ridicule en me passionnant pour ces évènements extraordinaires. J’en reste bouleversée, c’est une fièvre qui me fait tout oublier et le soir on me donne du bouillon car souvent je ne puis dîner.
Si je pouvais m’expliquer, je dirai que je suis désespérée de la mort de Gambetta. J’ai pleuré sur le Petit Prince comme on pleure sur un mélodrame, c’était tragique, c’était surtout touchant, cet enfant tué à l’étranger, si loin... Mais ce que je pleure à présent je ne pourrai bien le dire que si j’avais l’honneur d’être française et le bonheur d’être homme.