Lundi 13 mars 1882

Oui, c’est horrible, la pauvre Dina ne peut se consoler d’avoir refusé de le voir après qu’il lui est donné des coups de canne sur la tête, et ma tante et maman pleurent de ne pas l’avoir logé chez elles. Après qu’il allait crier sous nos fenêtres qu’elles étaient deux infâmes et deux voleuses, et moi je suis dévorée de remords d’avoir écrit au préfet de police pour qu’il l’empêche de crier et de faire des rassemblements devant notre appartement quand il avai fini de briser la porte de la cuisine.
Ah ! nous sommes tous bien coupables, ainsi ce pauvre martyr n’a pas voulu nous donner de tels remords et pour nous alléger la conscience il n’est pas mort du tout.
Oui, cet être si persécuté, cet innocent si malheureux est en très bonne santé et fait la noce en ce moment avec les cent francs qu’Etienne a envoyé par dépêche tout en se tordant de désespoir d’avoir détruit le bonheur de sa famille par son mariage idiot, oui idiot.
Mme Hamsley très pâle était aussi d’avis que son mariage était idiot. Et mon père qui a envoyé des dépêches pour qu’Alexandre envoie l’argent de l’enterrement, car c’est Alexandre qui détient l’héritage de Georges. Et ce cher Alexandre qui a sans doute pris toutes les dispositions pour mieux évincer Dina et l’autre sœur. Etienne pleure ses cent francs et appelle canaille et cochon le pauvre défunt. Tout en étant désespérée je me disais hier soir que cette mort était le complément du procès fini. Ah ! bien oui.