Journal de Marie Bashkirtseff

Il y a une quantité de Russes. Mais qu'ils sont nombreux et mal mis. J'ai décidément un dislike pour les Russes, je n'aime que les Anglais et ils me sont plus proches que les Russes.
J'avais de la peine à sauter les fossés avec le fusil mais Paul m'aidait. Une fois croyant mettre le pied sur la terre ferme je m'enfonçai jusqu'à la moitié du mollet dans la boue. J'ai retroussé la jupe à la paysanne, j'ai mis les horribles bottines génoises, le chapeau de Paul avec les bords tombants, bien enfoncé sur la tête et le fusil à la main, certes ce n'était pas là une jeune fille douce comme la rosée du matin ! Et les Anglais qui passent par le jardin, de l'église, je leur tournai le dos pour qu'au moins ils ne puissent voir ma figure échauffée.
Deux fois j'ai tué, mais nous ne pûmes retrouver les oiseaux.
La Vigier était très ridicule à la Kozodaïeff. Extra-ridicule.
Beaucoup de monde, mais de la canaille seulement. C'est triste lorsqu'on ne voit que de la canaille !
J'ai écrit une lettre italienne pour Georges. Demain nous allons avec Paul chasser à cinq heures du matin.