Jeudi 29 mai 1873

Toute la journée fut employée à chercher un appartement et rien ne nous convient ; si la maison est assez grande, le jardin est trop petit car je veux que mon croquet soit placé dans le jardin, et c’est une nouvelle et grande difficulté.
Beaucoup d’appartements nous ont convenu sauf pour le croquet. Je pense que Rubioni est assez commode.
Nous avons vu la villa Durando, elle est vraiment magnifique mais un peu trop loin. Il nous conviendrait de l’acheter, mais pour y loger c’est trop loin. Et je ne veux rien acheter à Nice. Nous resterons cet hiver et puis nous irons en Italie, à Florence ou Naples je ne sais pas laquelle. Oh ! j’espère que cet hiver nous le connaîtrons, et puis je saurai où il passe la plus grande partie de son temps, et là nous irons. Tout le bonheur de ma vie est dans cet hiver car si nous allons dans un autre endroit, comment puis-je savoir si nous le rencontrerons. Et à Nice il vient chaque hiver, donc il y a un excellent espoir. Mais, ai-je oublié ? Oh ! que je suis stupide ! C’est la même chose où nous allons et où pourvu que Dieu soit avec moi et m’aide c’est tout ce qu’il faut. S’Il a résolu de me rendre heureuse, Il le fera malgré tout. Et cela ne fait une différence que dans mon faible esprit où nous serons.
Aujourd’hui j’ai repris mes études, et j’ai commencé à apprendre à Palajka à lire en russe.