Thursday, 29 May 1884
Having had a fever all night I am in a furious state of irritation, aggravated by Mme Zarondny reading me Coppée's verses, and then by Jacques refusing to pose. In short, a state of agitation that could drive one mad. One could hit the people who say good morning to one; everything irritates, annoys, enrages. It is not the medal — it is the sleepless night and not being able to hear. I am too wretched; I want to believe in God. Is it not natural to seek some miraculous power when everything is misery and suffering and there is no salvation?Ayant eu la fièvre toute la nuit je suis d'une irritation furieuse que viennent augmenter Mme Zarondny en me lisant des vers de Coppée et puis Jacques en ne posant pas. Enfin un état d'énervement à devenir fou. On battrait les gens qui vous disent bonjour, tout irrite, agace, enrage. Ce n'est pas la médaille mais la nuit sans sommeil et de ne pas entendre. Je suis trop malheureuse, je veux croire en Dieu. N'est-ce pas naturel de chercher quelque puissance miraculeuse lorsque tout est misère et malheur et qu'il n'y a pas de salut.
On essaye de croire à une Force au-dessus de tout qu'on n'a qu'à invoquer... Cette opération ne présente ni fatigue, ni froissement, ni humiliation, ni ennui. On prie.
Les médecins sont impuissants, on demande un miracle, qui ne vient pas, mais pendant l'instant où on le demande on est consolé. C'est bien peu.
Dieu ne peut être que juste et s'il est juste comment se fait-il. Une seconde de réflexion et on n'y croit plus, hélas !
Pourquoi vivre ? A quoi bon traîner une telle misère.
La mort présente au moins cet avantage d'apprendre ce que c'est que cette fameuse autre vie... A moins qu'il n'y ait rien, est-ce qu'on sait enfin quand on meurt.
Il ne peut plus y avoir rien pour moi. Je suis un être incomplet, humilié, fini.
Rien. Rien. Rien.