Diary of Marie Bashkirtseff

To die. It is a word one says and writes easily.

Mourir. C'est un mot qu'on dit et qu'on écrit facilement.

But to think — to believe — that one is going to die soon? Do I believe it? No. But I fear it.

Mais penser, croire qu'on va mourir bientôt ? Est-ce que je le crois ? Non, mais je le crains.

There is no concealing it from oneself. I am consumptive. The right lung is quite damaged, and the left has been beginning to deteriorate for a year now. Both sides. With a different constitution I should be almost thin. I am obviously more rounded than most of those wretched creatures they call young ladies — but I am no longer as I was.

Il n'y a pas à se le dissimuler. Je suis poitrinaire. Le poumon droit est assez abîmé et le gauche commence à s'abîmer un peu depuis un an. Les deux côtés. Enfin avec une autre structure je serais presque maigre. Il est évident que je suis plus ronde que la plupart de ces rosses qu'on appelle jeunes filles mais je ne suis plus comme avant.

Even a year ago I was magnificent — no fat, no heaviness. Now the arms are no longer firm, and higher up toward the shoulders one feels the bone instead of seeing a perfectly round, well-shaped shoulder. I look at myself every morning while bathing. The hips are still beautiful, but one is beginning to see the muscles at the knee. The legs are good, and what is curious is that the calf is as large as Dina's — she who has legs and arms of the same thickness throughout. In any case, I am stricken — beyond recovery.

Il y a un an encore j'étais superbe sans graisse et sans embompoint. Maintenant les bras ne sont plus fermes et en haut vers les épaules on sent l'os au lieu de voir une épaule toute ronde et d'une belle forme. Je me regarde tous les matins en me baignant. Les hanches sont encore belles mais on commence à voir les muscles du genou. Les jambes sont bien et ce qui est curieux c'est que le mollet est aussi gros que celui de Dina qui a les jambes et les bras de la même grosseur. Enfin je suis *atteinte,* sans retour.

But wretched creature — take care of yourself!! But I do take care of myself, and thoroughly. I have had both sides of my chest cauterised; I shall not be able to wear a low neckline for four months. And I shall have to repeat these cauterisations from time to time, simply to prolong myself. There is no question of a cure.

Mais misérable créature soigne-toi !! Mais je me soigne, et à fond. Je me suis brûlée les deux côtés de la poitrine, je ne pourrai plus me décolleter pendant quatre mois. Et il faudra recommencer ses brûlures de temps en temps pour que je dure. Il n'est pas question de guérir.

I seem to be painting the blackest picture — but no, it is only true.

J'ai l'air de pousser au noir mais non, c'est seulement vrai.

But beyond the cauterisations there are so many things! I do them all. Cod-liver oil, arsenic, goat's milk. They have bought me a goat. But... Well — I shall prolong myself, but I am lost.

Mais à part les brûlures il y a tant de choses ! Je les fais. Huile de foie de morue, arsenic, lait de chèvre. On m'a acheté une chèvre. Mais... Enfin je me prolongerais, mais je suis perdue.

And I have been too tormented. I am dying of it — it is logical, but it is horrible.

Aussi j'ai été trop tracassée. J'en meurs, c'est logique mais c'est horrible.

And there are so many interesting things in life! Books alone!

Et il y a tant de choses intéressantes dans la vie ! Les lectures seules !

They have just brought me the complete Zola, the complete Renan, and volumes of Taine. I prefer Taine's account of the Revolution to Michelet's. Michelet is cloudy and cottony, and despite his systematic pursuit of the sublime I know the Revolution better after Taine than after Michelet — even though Taine, as they say, set out to show it in its ugliest light.

On vient de m'apporter Zola complet, Renan complet et des volumes de Taine, je préfère La révolution de Taine à celle de Michelet. Michelet est nuageux et cotonneux et malgré son parti-pris du sublime j'aime mieux la révolution après avoir lu Taine que Michelet, bien que Taine ait voulu montrer en laid à ce qu'on dit.

And painting!

Et la peinture !

Here is where one longs to believe in a good God who comes and sets everything right!

Voilà où on voudrait croire à un Bon Dieu qui vient et arrange tout !