Diary of Marie Bashkirtseff

The painting is sketched out. The architect writes to ask if he may dine this evening and adds: "I know the sympathy you have for me and for my brother too, and I shall come to talk with you about what weighs so heavily on my heart."

# Mercredi 26 mars 1884

Given these words of friendship and the genuinely serious illness of Jules, Maman and even Rosalie warned me firmly against allowing myself any jesting... It would be cruel and in bad taste... Well, he had in his pocket a letter that this wretched Jules had written to his friend Chariot, i.e. the engraver Baude. He gives it to us at my request.

Vu ces mots d'amitié et la maladie vraiment grave de Jules maman et même Rosalie m'ont bien recommandé de ne me permettre aucune blague... Ce serait cruel et de mauvais goût... Enfin il avait dans la poche une lettre que ce Jules de malheur écrit à son ami Chariot i.e. le graveur Baude. Il nous la donne sur ma prière.

Eight pages of a mean little scratchy hand, with crossings-out — like my illustrious correspondent.

Huit pages d'une sale petite écriture éraillée et des ratures, comme mon illustre correspondant.

The letter is quite simply charming — he speaks of what "Maman" says... of the Arabs... he went out with "Maman"... then fresh impressions and charming, warm things — not those of an ordinary man... Well, this letter, which gives me a glimpse into the private life of a man I scarcely know, makes a certain impression on me, and I begin to sneer, to quote passages and ridicule them, and end by declaring that "this creature is not even ill!" Judge the effect. And as everyone protested, the architect said he cannot bear it — it is as if one laughed at God before a priest, etc. etc. That if Jules were not ill he would have said nothing — but that he is almost condemned, that he may die, and that I choose this moment to etc. etc.

Cette lettre est tout bonnement charmante, il y parle de ce que dit "maman",... des arabes... il est sorti avec "maman", puis des impressions fraîches et des choses charmantes et de cœur et pas d'un homme ordinaire... Enfin cette lettre qui me fait pénétrer dans l'intimité de cet homme que je ne connais presque pas, me fait une certaine impression et je me mets à ricaner, à citer des passages en les ridiculisant et puis par dire que "cet être n'est même pas malade !" Jugez de l'effet. Et comme chacun se récriait l'architecte dit qu'il ne peut pas supporter ça, que c'est comme si on riait de Dieu devant un prêtre etc. etc. etc. Que s'il n'était pas malade, il n'aurait rien dit, mais qu'il est presque condamné, qu'il peut mourir et que je choisis ce moment pour etc. etc. etc.

Well, being in the wrong, I first played the questionable joke of asking to see all of Jules's letters... and this for an hour. And as I saw him preparing to leave in a bad impression, I accused him of misunderstanding me, insulting me, interpreting innocent things in an odious fashion, and attributing detestable sentiments to me. And I ended by summoning him to beg my pardon. We discuss it from midnight until ten minutes to two in the anteroom.

Enfin comme j'avais tort, j'ai d'abord fait la plaisanterie douteuse de lui demander à voir toutes les lettres de Jules... et ça pendant une heure. Et comme je le voyais partir sous une impression mauvaise je l'ai accusé de me méconnaître, de m'insulter, d'interpréter d'une façon odieuse des choses innocentes et de me prêter des sentiments exécrables. Et je finis par le sommer de me demander pardon. Nous en discutons de douze à deux heures moins dix minutes dans l'antichambre.

He maintains he is not guilty; we all assure him he is, and moreover that we must have the letters as proof of his friendship. The moment it is as proof of friendship, and since he has friendship for me, I shall have the letter — but as for asking my pardon, here is his formula: "if without knowing it I have offended you, I beg your pardon."

Il prétend qu'il n'est pas coupable, nous toutes l'assurons que si et qu'en plus il faut les lettres comme preuve d'amitié. Du moment que c'est comme preuve d'amitié et qu'il en a pour moi j'aurai la lettre mais quant à me demander pardon voici le texte : "si *sans le savoir je* vous ai offensée je vous demande pardon."

Tomorrow I shall have his letter.

Demain j'aurai sa lettre.

Certainly my manner of speaking about this Jules is strange — I pepper him with barbs — but it is because I am vexed at being nothing to him, and I cannot admit it. I am jealous of all his friendships, and on what grounds can I admit such pretensions? The architect takes it for studio banter in questionable taste, and I prefer that he believe that. Each time I want to maintain dignity and give Jules no thought at all — but then I overstep and say harsh things. In sum, it is unreasonable to torment this architect like that: "tell him I despise him" or "embrace him on my behalf." He is not going to repeat that to this ill man who scarcely knows me and has not the slightest idea what tone I adopt when speaking of him...

Certainement mes façons de parler de ce Jules sont étranges car je le crible de pointes mais... c'est que je suis vexée de n'être rien pour lui, or je ne peux pas avouer ça. Je suis jalouse de toutes ses amitiés, et à quel titre puis-je avouer de telles prétentions ? L'architecte prend ça comme des blagues d'atelier d'un goût douteux et j'aime mieux qu'il croit ça. Je veux chaque fois faire de la dignité et ne m'en point occuper mais alors je passe la mesure et dis des choses dures. En somme ce n'est pas raisonnable de tirailler comme ça cet architecte: "dites-lui que je le méprise" ou "embrassez-le de ma part." Il n'ira pas le répéter à cet homme malade et qui me connaît peu et n'a pas la moindre idée du ton que je prends pour en parler...

Well, all this remains at the level of rather stupid incoherence.

Enfin tout cela reste à l'état d'incohérence assez bête.

This brother of His tells me that more than thirty people have spoken to him about my landscape at the Union des femmes. Duez spoke to him of it. In short, he says, you were positively holding the lead — a real success.

Il me dit ce frère de Lui que plus de trente personnes lui ont parlé de mon paysage de l'Union des femmes. Duez lui en a parlé. Enfin dit-il, c'est vous qui teniez la corde positivement, un vrai succès.

That is delightful. And I was right to send that landscape to the Salon...

Ça c'est ravissant. Aussi j'ai bien fait de l'envoyer au Salon ce paysage...

I do nothing today, having read until three o'clock after the architect's departure; that scene exhausted me. After all, I could not care less about this Jules.

Jeudi 27 mars 1884

Very preoccupied by my work — why have I not yet produced in oil the equivalent of the pastel made nearly two years ago! Good heavens.

Très préoccupée de mes travaux, pourquoi n'ai-je pas encore donné en peinture l'équivalent du pastel fait il y a près de deux ans ! Nom d'un chien.