Diary of Marie Bashkirtseff

Princess Eristoff and Paul have arrived this morning from Russia, summoned by a telegram from me — my father is very ill, but he is a little better, I think; in any case there is no serious danger.

La princesse Eristoff et Paul sont arrives ce matin de Russie, appeles par une depeche de moi, car mon pere est tres malade, mais il va un peu mieux je crois, enfin il n'y a pas de danger serieux.

We have the Russian priest and the architect for dinner. I am in a mood for nonsense all evening — a torrent of pranks and childishness about the real Bastien: accusations, inventions, contempt and praise alike; that excellent Émile swallows it all. He rises to the bait with astonishing ease. He left dazed and bewildered — I spent a good two hours in a large armchair baiting him outrageously. It is very amusing, someone who takes everything seriously. This boy has no wit. But honest and loyal!

Nous avons le pretre russe et l'architecte a diner. Je suis en veine de dire des folies toute la soiree, c'est un flot de gamineries et d'enfantillages a propos du vrai Bastien; des accusations, des inventions, des mepris et des louanges; cet excellent Emile gobe tout. Il monte a l'arbre avec facilite etonnante. Il est parti ahuri et abruti, je suis restee bien deux heures dans un grand fauteuil a le blaguer abominablement, c'est que c'est tres amusant quelqu'un qui prend tout au serieux. Il n'a pas d'esprit ce garcon. Mais honnete et loyal !

Ah, it is chock full. As it was getting on for eleven o'clock we withdrew to one side — Dina, he, and I — and I made him talk about Cartwright and company. In short, he says that if he had known us then as he knows us now, he would have taken me by the shoulders and removed me from that drawing room... which has nothing of a drawing room about it, where one rubs elbows with... where there is not one art trinket that is not a shameful keepsake. During a moment of seriousness I complained bitterly of the trouble we have had on account of Bastien. Well then — why, on what occasion, why, why, why?

Ah ! tout plein. Comme il se faisait pres de onze heures nous nous sommes isoles, Dina, moi et lui et je l'ai fait parler sur Cartwright et compagnie. Enfin il dit que si alors il nous connaissait comme maintenant il m'aurait prise par les epaules et mise dehors, de ce salon... Qui n'a rien d'un salon, ou l'on coudoie... Ou il n'y a pas un bibelot d'art qui ne soit un souvenir honteux. Pendant une eclaircie de serieux je me suis plainte amerement des ennuis que nous avons eu a propos de Bastien. Enfin, pourquoi, a quel propos, pourquoi, pourquoi, pourquoi ?

As it is impossible to say certain things, he says it comes solely from the place where we met.

Comme il est impossible de dire certaines choses, il dit que cela tient uniquement a l'endroit ou nous nous sommes rencontres.

That those women... ought never to have known me, etc.

Que ces femmes... N'auraient jamais du me connaitre etc.

In short, we cannot explain ourselves better than that. Only he let slip a smile. But what I complain of above all is that he — the real one — should have imagined that we are enough of flashy foreigners to wish to adorn our evenings with him, etc.

Enfin, nous ne pouvons nous expliquer mieux. Seulement il a laisse echapper un sourire. Mais je me plains surtout de ce qu'il se soit imagine, lui le vrai que nous sommes assez rastaquoueres pour desirer d'en orner nos soirees etc.

In the end everything finishes with jokes of which I alone am the author, along with a running gag I had quite enough of myself. But I enjoy playing the child, the girl, and besides I want purity everywhere and refuse to know that there is evil in the world.

Enfin tout fini par des plaisanteries dont je suis seule l'auteur, ainsi que d'une scie dont j'avais assez moi-meme. Mais ca m'amuse de poser pour l'enfant, la gamine, et puis je veux des puretes partout et ne veux point savoir qu'il y a du mal sur la terre.