Thursday, 1 February 1883
C'est en hesitant que je m'habille pour aller a l'ouverture des aquarellistes.
Ne pas etre saluee par Bastien ou je ne sais quelle avanie de vilaine femme dont a parle la Bailleul.
Saint Marceaux d'abord... L'ayant invite sans succes je suis plutot froide...
— Mais vous savez, je ne vous invite plus...
— C'est peut-etre un moyen de me faire venir...
— Nous allons bien voir...
Et puis Bastien... Ah I Bastien lui est tout a fait affectueux, gentil, aimable...
Ah ! mais je suis si surprise de le voir comme ca. C'est comme un rayon de soleil...
Et moi qui, apres quatre mots echanges, voulais m'eloigner par dignite...
Il [Mot noirci: et voudrait bien venir si on lui permettait] de s'en aller de bonne heure...
Quant a l'architecte que nous voyons dix pas plus loin il m'apprend qu'il allait m'ecrire une longue lettre pour s'inviter avec son frere...
— Ah ! je n'ai pas besoin de vous, je viens de le voir *lui-meme.*
— Mais je veux vous l'amener...
— Je m'arrangerai dorenavant pour qu'il s'amene tout seul... Je suis contente.
— Il m'a jure de ne jamais aller sans moi...
— Ah ! vous voulez passer a son ombre-
Je serais bien restee encore... Revoir Saint Marceaux...
Vous pensez si ces pauvres parlementaires sont heureux de voir arriver vers onze heures ces quatre femmes si elegantes !
Enfin pour ce soir, la n'est pas la question... Je suis ravie...
Vous savez qu'il n'y a encore que lui... Oui, c'est l'avenir...
Il n'a que trente-neuf ans, quarante en decembre prochain... On peut attendre...