Diary of Marie Bashkirtseff

First the upholsterer disturbs me in my painting, then another workman, then a shower of rain, then the little girl who will not pose at all, and finally Félix who comes for heaven knows what... And in the end I come to write so as not to weep. I am exasperated to the uttermost!!... The moment I have drawn, prepared, and am about to paint, something arrives to prevent it, so that I am in despair at the start of every study, since I am almost never able to finish. And it is death. I am very unhappy.

[C'est d'abord le tapissier qui me dérange de ma peinture, puis un autre, puis c'est une averse, ensuite c'est la petite qui ne pose pas du tout, et enfin c'est Félix qui vient pour je ne sais quoi... Et au bout du compte je viens écrire pour ne pas pleurer. Je suis énervée à un point !!... Sitôt que j'ai dessiné, préparé et sur le point de peindre, arrive quelque chose pour m'en empêcher, de sorte que je suis désespérée en commençant chaque étude parce que presque jamais je ne puis finir. Et c'est la mort. Je suis très malheureuse.]

Art — it is not even art; the torments of an artist are something noble... I have no right to claim so much — these are nothing but the common vexations of a creature to whom nothing succeeds.

[L'art, ce n'est même pas de l'art, les tourments d'un artiste sont quelque chose de noble.. Je n'ai pas le droit de prétendre à tout, ce ne sont que des vulgaires embêtements d'un être à qui rien ne réussit.]

What am I doing? Nothing!

[Qu'est-ce que je fais ? Rien !]

I begin, I abandon, I begin again — and while others produce a study every week, I!... I consume myself in futile efforts, like trying to cry out in a nightmare and being unable to.

[Je commence, je lâche, je recommence et tandis que d'autres font une étude chaque semaine, moi !... Je me consumme en vains efforts, comme quand on veut crier dans un cauchemar et qu'on ne peut pas.]

And the time passes.

[Et le temps passe.]