Diary of Marie Bashkirtseff

I go to the Marché du Temple with Rosalie. My eyes are still wide from it. It is a marvellous quarter; I bought a few old oddments for the studio, but in truth I only looked at the types. Oh, the street!! If only one could render what one sees!!! Alas, I have the faculty of seeing, and I am still dazzled by all I saw. The attitudes, the gestures, life caught in the act, true, living nature. Oh — to surprise nature and know how to render it.

[Je vais au marché du Temple accompagnée de Rosalie. Et j'en ai les yeux encore tout agrandis. C'est un quartier merveilleux, j'ai acheté quelques vieilles machines pour l'atelier mais je n'ai fait que regarder les types. Ô la rue !! Mais c'est-à-dire que si on savait rendre ce que l'on voit !!! Hélas, j'ai la faculté de voir et je suis encore éblouie de tout ce que j'ai vu. Les attitudes, les gestes, la vie prise sur le fait, la natu*re vraie, vivante.* Oh ! surprendre la nature et savoir la rendre.]

That is the great problem. Oh! why have I not...

[Voilà le grand problème. Oh ! pourquoi n'ai-je pas...]

That beast Tony put it well: "With your aspirations, mademoiselle, I would do anything in the world to make myself master of the craft."

[Cet animal de Tony l'a bien dit: avec vos aspirations, mademoiselle je ferais tout au monde pour me rendre maître du métier.]

And so I come home and make several sketches of things glimpsed: a bench in the street with several little girls chatting and playing together. That cluster of children's faces is charming.

[Ainsi je rentre et fais plusieurs esquisses de choses entrevues, un banc dans la rue avec plusieurs petites filles causant et jouant ensemble. Cet assemblage de visages d'enfants est ravissant.]

Then a café table with two men, whose attitudes — so characteristic — are there, engraved in the mind and sketched on canvas, the proprietress leaning in the half-shadow of the doorway.

[Puis une table de café avec deux hommes dont les attitudes, si caractéristiques sont là gravées dans la tête et esquissées sur toile, la maîtresse du café appuyée dans la pénombre de la porte.]

And then at the Temple, a very fair-haired girl laughing as she leans against her stall — a stall selling funeral wreaths. This last I can do in the studio... but the other two demand open air... I do not know why I am telling you all this. From tomorrow, it is a fever!

[Et puis au Temple une jeune fille très blonde qui rit appuyée à sa boutique, une boutique de couronnes mortuaires. Ce dernier pourra se faire dans l'atelier... Mais les deux autres demandent du plein air... Je ne sais pas pourquoi je vous raconte tout cela. Dès demain, c'est une fièvre !]

I am happy and gay during the walk in the Bois with Adeline.

[Je suis heureuse et gaie pendant la promenade au Bois avec Adeline.]

In short, these things one chances upon — they are like windows opened onto people's lives; one imagines, one divines their life, their character, their days... It is admirable, it is of an intense, palpitating interest!

[Enfin, ces choses que l'on surprend, c'est comme des fenêtres ouvertes sur la vie des gens, on suppose, on devine la vie, le caractère, les journées de ces gens... Mais c'est admirable, mais c'est d'un intérêt intense, palpitant !]

But!... The imbeciles believe that to be modern or realist it is enough to paint the first thing that comes along without composing it. Do not compose it — but choose and surprise, there is the whole of it.

[Mais ! ... Les imbéciles croient que pour être moderne ou réaliste il suffit de peindre la première chose venue sans l'arranger. Ne l'arrangez pas, mais *choisissez et surprenez,* tout est là.]