Diary of Marie Bashkirtseff

We did not find Bastien at home; I leave him a note and catch a glimpse of what he has brought back from London. There is a little street urchin of an errand boy, leaning against a bollard in the street; one almost hears the clatter of the passing carriages. The background is barely sketched in; but the figure! That devil of a man.

[Nous n'avons pas trouvé Bastien chez lui, je lui laisse un mot et j'entrevois ce qu'il a apporté de Londres. Il y a un petit commissionnaire voyou, appuyé à une borne, dans la rue; on croit entendre le fracas des voitures qui passent. Et le fond est à peine fait; mais la figure ! Ce diable d'homme.]

Ah, the grim idiots — those who dismiss him as a mere technician. He is a powerful, original artist; he is a poet, he is a philosopher — [the others are nothing but] manufacturers of whatever rubbish beside him. One can no longer look at anything once one has seen his painting, because it is beautiful as nature itself, as life. The other day Tony was obliged to concede with me that it takes a great artist to copy nature, and that indeed only a great artist is capable of understanding nature and rendering it. L'idéal est dans le choix — the ideal is in the choice; as for execution, it must be the very summit of what the ignorant call: naturalism.

[Ah ! les sinistres idiots, ceux qui le traitent d'exécutant. C'est un artiste puissant, original, c'est un poète, c'est un philosophe [Mots noircis: les autres ne sont] que des fabricants de n'importe quoi à côté de lui. On ne peut plus rien regarder quand on voit sa peinture, parce que c'est beau comme la nature, comme la vie. L'autre jour Tony a été obligé de convenir avec moi qu'il fallait être un grand artiste pour copier la nature, et qu'il n'y a même qu'un grand artiste qui soit capable de comprendre la nature et de la rendre. L'idéal est dans le choix, quand à l'exécution elle doit être le comble de ce que les ignorants appellent: naturalisme.]

Paint Enguerrand de Marigny or Agnès Sorel if you please — but let their hands, their hair, their eyes be living, natural, human. The subject matters little. Doubtless from every point of view the modern is the most interesting, but true, genuine naturalism consists in the execution.

[Faites si bon vous semble Enguerrand de Marigny ou Agnès Sorel mais que leurs mains, que leurs cheveux, que leurs yeux soient vivants, naturels, humains. Le sujet importe peu. Sans doute à tous les points de vue le moderne est ce qu'il y a de plus intéressant mais le vrai, le seul, le bon *naturalisme* consiste dans l'exécution.]

[Written across the margin: And the masters often painted subjects of their own era.]

[[En travers: Et les maîtres ont fait des sujet de leur époque souvent.]]

Let it be nature itself, life — let the eyes speak! It matters not whether it is Mlle de La Vallière or Sarah Bernhardt... Granted, it is more difficult to engage you... but even so!

[Que ce soit la nature même, la vie, que les yeux parlent ! Peu importe que ce soit Mlle de La Vallière ou Sarah Bernhardt... Sans doute il est plus difficile de vous intéresser... et encore !]

If Bastien painted Mlle de La Vallière or Mary Queen of Scots — dead and dusty and worn-out as they are — they would live again. There is also a small sketch for a portrait of Coquelin... I came away transfixed: it is his very grimace, his hands are moving, he is speaking, his eyes are blinking!...

[Si Bastien faisait Mlle de La Vallière ou Marie Stuart toutes mortes, poussiéreuses et usées qu'elles soient, elles revivraient encore. Il y a aussi une ébauche du petit portrait de Coquelin... J'en suis revenue médusée, c'est sa grimace, ses mains remuent, il parle, ses yeux clignent !...]