Diary of Marie Bashkirtseff

The real Bastien has gone to Damvillers, where he will stay five months; the architect comes to make his elder brother's apologies. We talked of Mme Cartwright, and the honest architect, pressed closely, admits that I should not go to her soirées — that the women I might meet there could fail to regard me as is fitting, might confuse me with certain persons, and that... In general, nineteen times out of twenty, I should seem to belong to that salon... Besides, Mme Cartwright herself is a very charming woman, whom he likes greatly and whom I may see — but seldom, and not in company. Yes — that is what I thought. Indeed, everyone has told us the same.

[Le vrai Bastien est parti pour Damvillers ou il restera cinq mois, l'architecte vient me faire les excuses du grand frère. Alors nous avons causé de la Cartwright, et l'honnête architecte questionné étroitement avoue [que] je ne dois pas aller à ses soirées, que les femmes que je pourrai connaître là pourraient ne pas me regarder comme il convient, me confondre avec des personnes et que... En général pour dix neuf personnes sur vingt j'aurai l'air de faire partie de ce salon... Du reste la Cartwright elle-même est une femme très gentille et qu'il aime beaucoup et que je pourrai voir mais peu et pas devant du monde. Oui, c'est ce que je pensais. Du reste tout le monde nous a dit cela.]

It was Breslau who made me want to meet the beautiful American...

[C'est Breslau qui a fait que j'ai voulu voir la belle Américaine...]

Oh, I suffer so from being nothing.

[Ah ! je souffre tant de n'être rien.]

I work in the garden, which gives me perfectly the setting of the Parc Monceau. I am doing a boy of about twelve, in his smock and apron, sitting on a bench reading an illustrated paper, his empty basket beside him... One sees this constantly in the Park and in the streets here.

[Je travaille dans le jardin qui me donne tout à fait le décor du Parc Monceau, je fais un gamin d'une douzaine d'années avec la blouse et le tablier, assis sur un banc et lisant une feuille illustrée, son panier vide à côté de lui... On voit cela continuellement au Parc et dans les rues ici.]

When I think of my painting, if it is evening I cannot get to sleep. It is impossible that!... Or else something will prevent me from doing it!... If I were to paint it with all the passion I am already putting into it, it could not be entirely bad... But then... things will happen... I am overwhelmed just thinking of it... It cannot be that I shall paint a fine picture — I dare not dream of it, and the thought turns my brain...

[Quand je pense à mon tableau, si c'est le soir je ne puis m'endormir. Il est impossible que !.. Ou bien quelque chose m'empêchera de le faire !... Si je le faisais avec toute cette passion que j'y mets dès à présent, ce ne pourrait être tout à fait mauvais... Eh bien... Il arrivera des choses... Je suis bouleversée rien qu'en y pensant... Ça ne pourra pas arriver que je fasse un bon tableau, je n'ose pas y rêver et cette pensée me retourne le cerveau...]

I also have a portrait in mind... I should like to send that painting and the portrait together... I can already see Dina — she will be admirable, with a touch of mystery, of the unknown in her cat's eyes; an extraordinary expression in her Japanese eyebrows and her upturned eyes, something indefinable that does not resemble the look of the Gioconda but which has its mystery too...

[J'ai aussi un portrait en tête... Je voudrais envoyer ce tableau et le portrait... Je vois déjà Dina, elle sera admirable, avec une pointe de mystère, d'inconnu dans ses yeux de chat; une expression extraordinaire dans ses sourcils de japonaise et ses yeux retroussés, je ne sais quoi qui ne ressemble pas à l'air de la Joconde mais qui a son mystère aussi...]

Breslau is in Switzerland for three months. She is going to paint little peasant children, Tony told me. Bastien painted a little boy — so she will paint two or three, as I have not already tried to paint three in Nice, always in Bastien's wake. She will want to make up next year for this year's failure... But see how it is when one has the same ideas: I have always had it in mind to paint two or three street boys ever since Bastien's — in Nice I had drawn and prepared, then something, I know not what, and the canvas was torn. Breslau will do it.

[Breslau est pour trois mois en Suisse. Elle va faire des petits paysans, m'a dit Tony. Bastien a peint un petit garçon, alors elle va en faire deux ou trois, n'ai-je pas essayé d'en faire trois à Nice, toujours à la suite du petit de Bastien. Elle voudra se rattraper l'année prochaine du four de cette année... Mais voyez comme quand on a les mêmes idées... j'ai toujours en tête de peindre deux ou trois gamins depuis celui de Bastien, à Nice j'avais dessiné et préparé puis je ne sais quoi et la toile a été crevée. Breslau va le faire.]

She frightens me... Oh! but I am nothing — I have nothing even to fear... since I am nothing.

[Elle me fait peur... Ah ! mais je ne suis rien, je n'ai même pas à craindre... puisque je ne suis rien.]