Thursday, 8 June 1882
A grand dinner at our house. The Duchess of Fitz-James, Mlle de Charrette — but here is the plan (see p. 22).# Jeudi 8 juin 1882
Le soir il y a en plus le comte et la comtesse de Béarn, M. et Mme Jide, M. et Mme Randouin, Montgomery, Melissano, les deux Pignatelli, Rehmann et cinq ou six jeunes gens qu'on a amenés croyant qu'on allait danser.
[En travers : N'oublions pas que le célèbre voyageur comte de Brazza qui est l'ami des Fitz James et que nous avons connus chez les de Lesseps.]
C'est maman qui ne veut jamais m'écouter et qui a dit d'en amener.
Carolus a été charmant, adorable, ravissant... [full French paragraph]
Alors nous sommes comme qui dirait complices, il y a un cadavre entre nous !
Ah ! cet être est amusant !... [full French paragraph]
Et la peinture ?? Le pastel est très bon, Tony me l'a dit encore ce soir. Mais cette semaine a été vraiment déplorable, j'ai peint à l'horreur !... Ah ! je n'aurai jamais de talent...
Il est plus de quatre heures, il fait grand jour, je ferme hermétiquement les volets pour me faire une nuit artificielle pendant que les blouses bleues des ouvriers passèrent dans la rue allant au travail déjà.
Pauvres gens. Il pleut, avant cinq heures du matin ces malheureux peinent et nous... qui geignons sur nos malheurs de dentelles de chez Doucet..
Voilà que... j'ai fait une phrase commune et une banalité... Chacun dans sa sphère souffre et se plaint, et chacun a de bonnes raisons pour cela... Moi à l'heure qu'il est je ne me plains de rien car si je n'ai pas de talent personne n'en est coupable... Et de même si je n'ai pas encore trouvé un mari brillant... Je ne me plains jamais que des choses injustes, pas naturelles et détestables comme une quantité de choses dans le passé... Et dans le présent encore bien que... Pourtant cet isolement était un bien qui me mènerait peut-être au talent.
Heureux Carolus qui est célèbre et qui se croit le plus sublime artiste de tous les temps.
Je vais partir pour la Bretagne et y travailler...