Wednesday, 13 July 1881
Still sad — perhaps from the departure — we arrive at Poltava around nine o'clock. I make the journey with Dina and we talk a little, of all this stay taken together... First: the newlyweds who do not look like newlyweds at all.Toujours triste, peut-être de partir, nous arrivons à Poltava vers neuf heures. Je fais le trajet avec Dina et nous causons un peu, de tout ce séjour en bloc... D'abord et les nouveaux mariés qui n'en ont pas l'air.
Paul est presque toujours maussade, madame est indifférente dans sa satisfaction d'avoir atteint son but. Elle est mariée, c'est tout ce qu'ambitionnent les jeunes filles d'ici. Je n'ai jamais cru à son amour pour Paul, tout le temps qu'a duré le roman et les tourments de Paul elle a conservé un autre prétendant âgé, commun, horrible et riche. Puis elle s'est fait enlever parce que c'est romanesque et chic ici... C'est Micha qui a fait le mariage dans sa campagne, on a soupé jusqu'à sept heures du matin en compagnie du prêtre, de sa femme, d'une autre dame et de Kapitanenko qu'on est allé chercher. De sorte me dit Nini, que j'avais une société féminine. Puis lorsqu'on s'est retiré Micha et les autres sont allés épier si Monsieur et Madame étaient au lit. Le lendemain ils sont arrivés à Gavronzi et le surlendemain ils sont allés porter leur... bonheur chez le père de madame. Bref ni
délicatesse ni pudeur. [Mots noircis: Bien c'était une réception] ici je n'en parlerais peut-être pas si durement mais tout le monde est comme ça ici. On s'embrasse tout haut avec son mari devant tout le monde et comme Paul a défendu cela il ne reste plus de tendresse. Un fermier épouse une jeune fille par amour et ces deux êtres tout simples auront assez de poésie, poésie relative causée par la jeunesse, l'amour, le bonheur, pour désirer de courir les bois ensemble, ou passer une après-midi au bord de la rivière. La campagne est si belle.
Dans Paul et sa femme pas une lueur de jeunesse... Sapristi ! quand on se marie par amour, habiterait-on une mansarde que cela devrait il me semble avoir l'air riant, content, frais. Ah ! bien oui. Ils habitent un pavillon qui a l'air d'un nid noyé dans de grands arbres, eh bien ils couchent dans deux lits étroits séparés par la toilette et la chambre est tendue de perse sombre.
Puis les chignons traînent avec le linge sale et les bottes. Un ménage de Bohème moins la gaieté et la blague.
Lorsque deux mois après le romanesque mariage Paul a conduit sa femme au grand bal du jour de l'an il n'a trouvé rien de plus gai que de se griser et sa femme valsait avec des jeunes gens et venait raconter en riant à Dina qu'elle a retrouvé son ancien adorateur et qu'elle reprenait de l'amour pour lui.
Je sais ce sont des plaisanteries mais... Mais je le répète quelque incroyable que cela puisse paraître il n'y a ici ni délicatesse, ni morale, ni pudeur dans leur sens véritable.
Dans les petites villes de France on craint son confesseur, on a une grand-mère, une vieille tante qu'on respecte fort... ici rien. On se marie souvent par amour et très facilement on s'enlève et tout cela à froid. Nini est une très bonne petite femme et je désire la voir prendre le bon chemin sous notre direction mais je crains bien... Savez-vous ce que je crains ? Eh bien Micha ce petit être bête, prétentieux et ridicule coiffera Paul dans un an et cela s'accomplira sans passion, à froid...
On nous dit à l'hôtel que M. Oustimovitch a fait demander deux fois si nous étions arrivés et comme nous dînons il arrive.
Il m'a fait des vers et n'en dormait plus. Il nous les lit et ils sont aimables et vraiment meilleurs que les autres, nous avions déjà préparé nos plus cruelles railleries et il a fallu les rentrer.
Il m'apporte aussi son portrait. Nous le comblons de compliments.
Le soir on va au théâtre, Dina, sa mère, Alexandre, Nadine sa femme, Etienne, Paul, Nini, maman, papa, moi, Lihopoy; après ça le souper auquel arrive M. Patchenko qui paye une bouteille de
je voudrais bien qu'il épouse Dina mais hélas je crains qu'il me fait les yeux doux; il est resté exprès pour nous ce soir... Je crois que nous partons demain.
Je m'arrêterai à Kiev faire dire des messes, les plus noirs pressentiments me tourmentent et j'ai tellement peur de tous les présages. A la fête de Paul j'ai trouvé un cierge sur mon couvert, oublié là paraît-il par l'homme qui allumait les lustres. C'est égal et toutes ces glaces cassées. Aussi je me demande s'il ne va pas arriver quelque vilenie du côté de Julian et Tony... Ou bien mes yeux... mais je n'ai pas confiance dans les médecins, Si Dieu ne me guérit pas... je le prie tant pour qu'il m'épargne ce qu'annoncent ces présages.