Tuesday, 16 November 1880
I fear I exaggerated the other day regarding the Church; I had holy remorse, and it was by a thread that I did not rise from my bed to come make amends here, for the Church serves to make God known, the Church has done enormously for morals, the Church has carried to the savages the name of God and civilization. Without offending God, I believe one could have civilized without Catholicism, but still... The Church has been used like feudalism, and like it, it has had or nearly had its day. There are too many things inadmissible and revolting, without being odious, however, in Catholicism. The divine has been mixed with flat legends, [blacked-out word: and] there are too many enlightened people now for the pious lies to be respected. But it is an epoch of transition that we are passing through, [blacked-out word: and that] unfortunately the masses are not yet sufficiently educated not to pass from the wholesome superstitions to contempt and the negation of God.Je crains d'avoir exagéré l'autre jour par rapport à l'église, j'ai eu de saints remords et il n'a tenu qu'à un fil que je me levasse de mon lit pour venir faire amende honorable ici, car l'église sert à faire connaître Dieu, l'église a fait énormément pour les mœurs, l'église a porté chez les sauvages le nom de Dieu et la civilisation. Sans offenser Dieu je crois qu'on aurait pu civiliser sans catholicisme mais enfin... l'église a été utilisée comme la féodalité et comme elle, elle a fait ou presque fait son temps. Il y a trop de choses inadmissibles et révoltantes, sans être odieuses, pourtant, dans le catholicisme. On a mêlé le divin à des légendes plates [Mot noirci: et] il y a trop de gens éclairés maintenant pour que les saints mensonges soient respectés. Mais c'est une époque de transition que nous traversons [Mot noirci: et que] malheureusement les masses ne sont pas encore assez instruites pour ne pas passer des saines superstitions au mépris et à la négation de Dieu.
Quand je rêve parfois à des rencontres possibles dans la vie avec Cassagnac, je ne vois pas comment son cléricalisme et son monarchisme s'accorderaient avec moi.
il pourrait m'avouer qu'il joue un rôle et cela me suffirait. Il y a des hommes sincèrement [Mot noirci: religieux] mais [Mots noircis: qui sont] monarchistes, à moins... que... [Mots cancellés: son pays a besoin de la monarchie].. Car il y a des gens qui croient que la monarchie est nécessaire à la prospérité de certains pays... tiens, je n'y pensais pas l'autre jour en disant [Mos noircis: qu'il fallait avoir une âme de valet pour] aimer la monarchie.
Supposons un pays où la monarchie constitutionnelle bien entendu fasse le bonheur du peuple, eh bien l'homme le plus fier et le plus noble peut y adhérer sincèrement et même avoir un certain attachement sincère pour la famille qui représente depuis des siècles son pays. Mais de là à cet attachement servii à une race il y a loin !
Je [Mos noircis: ne dis pas] que je trouve bien d'être monarchiste comme je viens de dire plus haut, mais enfin on peut admettre qu'on y soit attaché sincèrement et qu'on y croit au fond du cœur dans les conditions susdites. Ce n'est toujours pas en France que c'est possible ni qu'il y ait une monarchie qu'on puisse la main sur la conscience préférer à la République. Et y a-t-il seulement un candidat qui ne soit avili ou déshonorer ? M. de Chambord. Et les d'Orléans qui le suivent inévitablement.
Mais après tout les d'Orléans patiemment supportés pendant des siècles pourraient devenir "cette famille qui représente le pays" dont je parlais tout à l'heure.
Et les platitudes auxquelles oblige une cour ce serait le sacrifice de sa fierté personnelle qu'on ferait au pays. Sans doute. Mais à quoi bon tout cela quand il y a la République qui a tout ce que la monarchie bourgeoise a de bon et qui n'a rien de ce qu'elle [a] de mauvais qui est le plus beau et le plus noble des gouvernements.
Il y a en somme quelque chose de révoltant dans les honneurs souverains rendus à un monarque mannequin par un ministre ou par un homme d'Etat de génie, qui quoiqu'il fasse sera toujours le domestique du monarque nul, sot et peut-être imbécile.
Non, voyez-vous Cassagnac et moi nous n'en parlerons pas. Je lui abandonne ses moines et ses prêtres puisqu'il éparpille sur eux le sentiment qu'on doit à Dieu, mais la politique non I! En somme ne vous moquez pas de mes élucubrations, je m'explique mal, ce ne sont du reste que des tâtonnements.