Diary of Marie Bashkirtseff

Here is a letter from Madame Mouzay and here is my reply:

Voici une lettre de la Mouzay et voici ma réponse:

Your letter, dear Madame, has vexed me greatly. Fortunately for me I am frightened only by illnesses that disfigure; otherwise the appalling things you write me would certainly make me ill with fear. But let us move on.

*Votre lettre, chère madame, m'a vivement contrariée. Heureusement pour moi je ne suis effrayée que des maladies qui défigurent, sans cela les épouvantables choses que vous m'écrivez me rendraient à coup sûr malade de peur. Mais passons.*

What I want to tell you is that with the best intentions in the world you act like an enemy and do me the greatest harm by spreading legends about me that become gossip repeated by everyone you tell them to. You attribute to me eccentricities of which I have never dreamed! When you tell them to me, it irritates me a little and that is all, but others believe them, and truly, since you love me a little, you ought to think that I do not gain much by passing in the eyes of the world for a sort of wild madwoman who is the misfortune of her poor parents. Your affection for me and your excellent heart make you see things too dramatically. From a word escaped in a moment of vexation by Maman or my aunt, you build edifices that confound my reason. Let us be natural:

*Ce que je veux vous dire c'est qu'avez les meilleures intentions du monde vous agissez comme une ennemie et me faites le plus grand tort en propageant sur mon compte des légendes qui deviennent des cancans répétés auxquels vous les racontez. Vous me prêtez des excentricités auxquelles je n'ai jamais rêvé ! Quand vous me les racontez à moi, cela m'agace un peu et voilà tout, mais les autres y croient et vraiment puisque vous m'aimez un peu vous devriez bien pensez que je ne gagne pas beaucoup à passer aux yeux du monde pour une espèce de folle sauvage qui fait le malheur de ses pauvres parents. Votre affection pour moi et votre excellent coeur vous font voir les choses trop dramatiquement. Sur un mot échappé dans un moment de contrariété à maman ou à ma tante, vous bâtissez des édifices qui confondent ma raison. Soyons* naturels:

I have a cold and I cough; this happens to a great many people. I am being treated by a very great doctor and very well, I assure you.

*Je suis enrhumée et je tousse, cela arrive à un tas de gens. Je suis soignée par un très grand médecin et très bien je vous assure.*

Besides, no one has my interests more at heart than I myself. So, it is agreed, is it not — more calm. If you love me and if you do not wish to cause me the keenest annoyance, do not take for themes of conversation, with our common friends, me, my illnesses, my extravagances, and my approaching end.

*Du reste personne n'a plus à cœur mes intérêts que moi-même. Ainsi, c'est convenu n'est-ce pas, plus de calme. Si vous m'aimez et si vous ne voulez pas me causer les plus vifs ennuis ne prenez plus pour thèmes de conversation, avec nos amis communs, moi, mes maladies, mes extravagances et ma fin prochaine.*

I understand that as a great friend you are worried about my health, and I wish to reassure you: Dr. Potain knows what he is about, and he is not at all frightened.

*Je comprends qu'en qualité de grande amie vous vous inquiétiez* de ma santé, et je tiens à vous rassurer, le Dr Potain s'y connaît et il n'est pas effrayé du tout.

But if all this does not calm you and does not sway you, think of my poor girlish vanity, which suffers cruelly at seeing myself treated as an invalid, an infirm person, a cripple, a consumptive, and consequently as rotten — excuse the word; Monsieur Gambetta dared to pronounce it in open Parliament.

*Mais si tout cela ne vous calme et ne vous fléchi pas, songez à ma pauvre coquetterie de jeune fille qui souffre cruellement en me voyant traitée de malade, d'infirme, d'impotente, de poitrinaire et par conséquent de pourrie, passez-moi le mot, M. Gambetta a osé le prononcer en plein Parlement.*

With that, I embrace you as well as your dear daughter, whom I believed more sensible. Your poor dying Marie.

*Sur ce, je vous embrasse ainsi que votre chère fille que je croyais plus raisonnable. Votre pauvre mourante Marie.*

Madame Gavini came.

Mme Gavini est venue.