Diary of Marie Bashkirtseff

Soutzo, to whom I granted a sitting for this morning yesterday, arrives an hour late (Kiki posed yesterday). Since he has already missed and neglected several times while coming to pester me every day asking for sittings, I make an example of him: upon his shoulders, I paint Coco's head — it was rather comical above the fur collar. I believe this made him furious. He took the canvas, saying it belonged to him, wiped it with his gloves, and while smiling politely and responding to my mockery, he threw everything into the fire, gloves included. And as he was breaking the stretcher, I told him he was not strong enough — such trifling remarks always anger men. I stoked the fire, sent the gentleman to fetch me a newspaper so the fire would catch faster, and the whole thing was burned. Naturally, he begged me to begin the portrait again, swearing to be punctual, asking forgiveness, and saying he had been furious even though he had not shown it.

Soutzo à qui j'ai accordé hier une séance pour ce matin arrive d'une heure en retard (Kiki a posé hier). Comme il a déjà manqué et négligé plusieurs fois tout en venant m'ennuyer tous les jours en demandant des séances, je fais un exemple et sur ses épaules, peins la tête de Coco; c'était même assez drôle au dessus du col de fourrure. Je crois que cela la rendu furieux, il prit la toile disant qu'elle lui appartenait, l'a essuyée avec ses gants et tout en souriant par politesse et en répondant à mes moqueries il a jeté le tout au feu, les gants y compris. Et comme il cassait le chassis je lui dis qu'il n'était pas assez fort; ces niaiseries fâchent toujours les hommes. J'ai attisé le feu, ai envoyé le monsieur me chercher un journal pour que le feu prit plus vite et le tout a été flambé. Naturellement il m'a suppliée de recommencer l'image, jurant d'être exact, demandant pardon et disant qu'il avait été furieux bien qu'il n'en eût pas l'air.

"If you had shown it, I would have put you out the door."

- Si vous en aviez eu l'air je vous aurais mis à la porte.

All in all, I did it to set an example. It was not proper to keep me waiting and not to be there five minutes before the appointed time, especially having missed twice before.

En somme, je l'ai fait pour l'exemple. Il n'était pas convenable de me faire attendre et de ne pas être là cinq minutes avant l'heure surtout ayant manqué deux fois.

Monsieur and Madame de Lesseps have left their calling card. That is astonishing.

Monsieur et Madame de Lesseps ont laissé leur carte. Voilà qui est étonnant.

This evening, dinner at the Simonides household. Everything about them is strange. (I know the lady from Julian's.) The husband is handsome and young, the wife is beautiful and past thirty-five; they are very close, live in seclusion, see only a few artists, and produce extraordinary drawings and paintings.

Ce soir dîner chez le ménage Simonidès. Tout est étrange chez eux. (Je connais la dame de chez Julian). Le mari est beau et jeune, la femme est belle et a passé trente-cinq ans, ils sont très unis, vivent cachés, ne voient que quelques artistes et font des dessins et des peintures extraordinaires.

A sort of imitation of the Renaissance, subjects astonishing in their naivete: the death of Beatrice, the death of Laura; the woman who encloses the head of her lover in a pot from which flowers have grown1 — all of it drawn as though centuries ago. Madame dresses as if from Boccaccio's time. This evening she wore a gown of white Japanese crepe, adorably supple, with long, narrow sleeves like the Virgin's and other sleeves tied behind. The dress straight and simple; a belt of antique braid gave her a rather short waist; a bouquet of lily of the valley at the bodice. Pearls at her throat, earrings, and bracelets of old goldsmith's work. With her pale complexion, her black, curly hair, and her gazelle eyes, she looked like a fantastic apparition. If only she had the sense to style her hair simply instead of ruffling it into a fright, she would be very remarkable. We had been back a quarter of an hour in the studio off the dining room (where we had an excellent dinner, flowers, fruit, and a very artistic arrangement), and I was accompanying Madame as she sang old classical Italian romances, when Maman came to fetch us for church. It is Holy Week.

Des espèces d'imitation de la Renaissance, des sujets étonnants de naïveté. La mort de Béatrice, la mort de Laure; la femme qui enferme la tête de son amant dans un pot et où il a poussé des fleurs, et tout cela d'un dessin qui a l'air d'être fait il y a des siècles. Madame s'habille comme du temps de Boccace. Ce soir elle portait une robe de crêpe japonais blanc d'une souplesse adorable, des manches longues et étroites comme celles de la Vierge et d'autres manches nouées derrière. La robe droite et simple; une ceinture de galon ancien lui faisait une taille assez courte; un bouquet de muguets au corsage. Des perles au cou et des boucles d'oreilles et des bracelets en vieille orfèvrerie. Avec son teint pâle, ses cheveux noirs et crépus, et ses yeux de gazelle elle avait l'air d'une apparition fantastique. Si elle avait seulement l'esprit de se coiffer simplement au lieu de s'ébouriffer les cheveux et de faire de sa tête une épouvante elle serait très remarquable. Nous étions depuis un quart d'heure rentrés dans l'atelier de la salle à manger (où nous avons eu un très bon dîner, des fleurs, des fruits et un arrangement très artistique) et j'accompagnais Madame qui chantait des romances antiques italiennes classiques lorsque maman est venue nous prendre pour aller à l'église. C'est la Passion.

But we arrive too late. I say my prayers at home.

Mais nous arrivons trop tard. Je fais mes prières chez moi.

Tomorrow is the vernissage; I shall bring the little American so that she poses well.

C'est demain le vernissage, j'y mènerai la petite Américaine pour qu'elle pose bien.

Notes

A reference to Boccaccio's Decameron (Day IV, Story 5): Isabetta and the pot of basil.